Infos octobre 2008

BOLIVIE : défaite de la droite. (Traduction d’ article paru dans LA JORNADA, Mexique, 05/10/08)

EQUATEUR : Oui à la nouvelle Constitution.
C’est avec plus de 60 % des votes que le “ oui ” l’a emporté.

Actions soutenues par le CALJ :

  • MEXIQUE : à Santa Maria Yucuhiti, l’alimentation en eau potable change la vie des populations.
  • NICARAGUA : Centro Preescolar, école maternelle), Ciudad Darío, dép. Matagalpa. Une lettre de la Directrice, Elizabeth Ramirez, nous explique que les bonnes intentions du gouvernement actuel ne se concrétisent pas vraiment.

USAID = United States Agency for International Development ( octobre 2008 )
(Sources : www.rebelion.org  –  www.voltairenet.org)

Miami et les Cubains exilés.

Infos octobre 2008

BOLIVIE : défaite de la droite.

(Traduction d’ article paru dans LA JORNADA, Mexique, 05 / 10 / 08)
Dans la surprenante série d’élections des cinq dernières années en Amérique du Sud, les résultats les plus radicaux sont survenus en Bolivie où Evo Morales fut élu président. Ce n’est pas parce que Morales proposait le programme le plus radical. C’est plutôt parce que, dans ce pays où la majorité de la population est constituée de peuples indigènes, c’était la première fois qu’un indigène était élu président de la République. Ce fait en lui-même fut une profonde révolution sociale, nullement appréciée par les descendants d’immigrés européens qui ont toujours contrôlé le pays.

Quand Morales fut élu, la grande question était de savoir s’il pourrait assumer cette responsabilité, ou bien si la droite bolivienne, éventuellement avec l’aide des forces armées, pourrait le renverser. Maintenant il a démontré qu’il peut se maintenir au pouvoir.

Il y avait trois éléments principaux dans son programme. Aujourd’hui, le revenu national de la Bolivie provient essentiellement de ses exportations de gaz, principalement vers le Brésil et l’Argentine.Le gaz est localisé dans les provinces orientales, qui constituent ce qu’on appelle la Media Luna. Et  ces zones sont celles qui ont les plus faibles pourcentages de population indigène. La majorité des habitants sont des descendants d’Européens. Jusqu’à ce que Morales arrive au pouvoir, les prix de vente du gaz étaient ridiculement bas. Et les revenus restaient en grande partie aux gouvernements locaux des provinces orientales.

Alors Morales voulut renégocier le prix du gaz exporté. Et il institua un impôt sur les hydrocarbures pour que les revenus du gaz profitent davantage au gouvernement national. Morales commença à utiliser cet argent  pour une redistribution sociale à tout le pays, ce qui bien sûr allait bénéficier de manière significative aux populations indigènes.

En outre, la terre des provinces orientales est exceptionnellement mal répartie.Les deux tiers de la terre appartiennent à moins de un pour cent de la population. Morales voulut limiter le nombre d’hectares qu’un particulier peut posséder, une sorte de réforme agraire importante.

En politique extérieure, Morales tenta de maintenir des relations raisonnables avec les Etats-Unis. Il continua d’accepter l’argent que les Etats-Unis octroyaient por les opérations anti-narcos, spécialement parce que cet argent allait aux forces armées. Cependant, il accueillit aussi avec bienveillance l’aide venezuelienne et les médecins cubains. Il est clair que les Etats-Unis n’étaient pas contents de Morales et qu’ils auraient préféré que la droite bolivienne revienne au pouvoir.

La stratégie de cette droite fut d’exiger davantage d’autonomie pour les gouvernements régionaux, en insinuant, en dernière recours, la possibilité d’une sécession, un projet que jamais elle n’avait mis en avant tant qu’elle contrôlait le gouvernement central.Les forces de droite exigèrent un référendum de révocation du mandat de Morales. Mais cette tactique fut un échec.

Morales accepta le défi, et il ajouta au référendum de révocation une  question demandant s’il fallait révoquer le mandat des neuf préfets provinciaux. Le référendum apporta à Morales 68 % de votes de soutien, beaucoup plus que lors de son élection. Sept préfets furent confirmés dans leur charge mais deux gouverneurs opposés à Morales furent écartés, ce qui permit à Morales de nommer des successeurs.

La droite des provinces orientales chercha alors à bloquer les exportations de gaz. Elle pensait amener les gouvernements argentin et brésilien à faire pression sur Morales. Les sympathisants de Morales commencèrent à se manifester. Le gouverneur de la province de Pando, Leopoldo Fernández, répondit par la répression. Plus de 30 manifestants furent assassinés à El Porvenir,  capitale de la province. Morales fit arrêter le gouverneur et nomma un amiral comme nouveau préfet.

Alors la présidente du Chili, Michelle Bachelet, convoqua à une réunion d’urgence l’organisation des 12 états sud-américains, l’Union des Nations sud-américaines ( UNASUR) pour examiner la situation. Les 12 présidents vinrent à la réunion à Santiago, et à l’unanimité adoptèrent une résolution disant “ leur appui le plus total et déterminé au gouvernement constitutionnel de la République de Bolivie de Evo Morales ”, en dénonçant l’éventualité d’un coup d’Etat. L’importance de cette résolution réside dans son unanimité, et dans le fait qu’elle fut signée même par le président colombien Uribe, profondément pro-états-unien. La résolution fut soutenue par le Groupe de Río, composé de 22 pays de toute l’Amérique Latine et des Caraïbes, y compris le Mexique.

L’UNASUR appela au dialogue. Morales aussi avait appelé au dialogue, avant même la résolution de l’UNASUR. La droite était prise au piège. Son ultime espoir résidait dans une intervention des Etats-Unis, mais le gouvernement bolivien avait expulsé l’ambassadeur états-unien, Philip Goldberg, pour “ conspiration contre la démocratie ”, c’est-à-dire avec la droite bolivienne. Maintenant les Etats-Unis retirent leurs petits projets d’aide en Bolivie. La Russie a offert de combler la brèche. Les Etats-Unis perdent de plus en plus de leur importance pour l’Amérique Latine.

Si on se demande pourquoi même Uribe a appuyé la résolution, la réponse est qu’aucun président ne tient à ce que cette nouvelle tactique de sécession reçoive un appui. Les Etats-Unis ont aussi tenté cela en Equateur, où ils ont été remerciés de la même manière avec la grande victoire du référendum pour la Nouvelle Constitution du président Rafael Correa.

EQUATEUR : Oui à la nouvelle Constitution.

C’est avec plus de 60 % des votes que le “ oui ” l’a emporté. Pour le Président Correa, l’approbation de la nouvelle Constitution est “ la dernière opportunité de changement pacifique en Equateur. ” La principale opposition ne venait pas d’un parti politique mais de l’Eglise catholique : la déclaration de la Conférence Episcopale signale que sur des thèmes comme l’avortement, le mariage entre homosexuels, l’éducation, il y a dans cette Constitution “ des éléments irréconciliables  avec la foi catholique ”. Toutefois les évêques se contenteront de promouvoir dans leurs paroisses une catéchèse qui oriente leurs fidèles.

Elu sur des bases progressistes, le gouvernement Correa a un vaste programme : indépendance politique par rapport aux Etats-Unis ( dont la fin de la base états-unienne de Manta) ; volonté de contrôle croissant des richesses nationales ( mines, pétrole), réduction de la pauvreté, programme social d’éducation et de santé, désenclavement des populations indigènes, droits des femmes, droits des indigènes, limitations des différentes contaminations et donc contrôle des multinationales.

Le gouvernement Correa n’a qu’un an d’existence. La mise en œuvre de son  programme est donc encore peu visible. Comme le Venezuela et la Bolivie, il s’est engagé dans un processus nouveau, auquel s’opposent  bien sûr les forces de droite. Mais ce programme suscite également  des réserves parmi les populations concernées. Pour éradiquer les contaminations, le gouvernement devra s’attaquer aux grandes entreprises multinationales mais aussi à  l’entreprise nationale du pétrole qui n’a pas un meilleur bilan que les compagnies privées. A suivre…

Action soutenue par le CALJ : MEXIQUE : à Santa Maria Yucuhiti,
l’alimentation en eau potable change la vie des populations.

Dans l’Etat mexicain de Oaxaca, la population indigène mixtèque, enracinée dans son terroir dès l’époque préhispanique, a été marginalisée et privée des ressources publiques pour satisfaire ses besoins essentiels. Grâce à la détermination des paysans et au soutien de l’organisation ERRAC, un second programme de développement 2007-2010 a été élaboré. La première nécessité est l’alimentation des familles en eau potable. La possibilité d’irrigation permet les cultures de maïs et de haricots, base de l’alimentation locale.

En une année, les paysans mixtèques, avec l’aide de techniciens fournis par ERRAC, ont bâti 4 systèmes hydrauliques bénéficiant à 5 hameaux, protégé quatre sources et organisé trois nouveaux groupes de femmes pour la production d’aliments, ce qui porte à 23 le nombre de ces groupes féminins. L’ensemble de ces actions bénéficient à 736 familles, soit 3314 personnes. Les femmes ont construit chacune un poulailler de 20m2 pour élever de dix à 20 poules pondeuses ou poussins pour l’engraissage. Elles ont aménagé des terrains pour y faire des cultures vivrières. Chaque famille fournit tous les moyens sauf les semences et l’information technique. Certaines élèvent des brebis.

La maintenance des systèmes hydrauliques, des canaux d’irrigation, des captages de sources, les nettoyages périodiques, la protection des sources, etc… sont des aspects très importants qui garantissent le caractère durable des réalisations ; clôturer les sources et reboiser le terrain sont ainsi devenus des précautions indispensables.
( Un autre aspect du projet sera l’amélioration de l’habitat pour laquelle les familles attendent depuis longtemps une aide sollicitée du gouvernement.)

La venue en France de Enrique Gómez,
responsable de l’organisation mexicaine ERRAC,
nous est annoncée pour fin mars 2009.

Action soutenue par le CALJ : NICARAGUA : Centro Preescolar,
(école maternelle), Ciudad Darío, dép. Matagalpa.

Une lettre de la Directrice, Elizabeth Ramirez, nous explique que les bonnes intentions du gouvernement actuel ne se concrétisent pas vraiment. En principe l’école est gratuite pour tous. Les 200 enfants du Centro Preescolar ont bien reçu du matériel mais pas en quantité suffisante. Depuis longtemps un repas était prévu en fin de matinée car la plupart des enfants viennent en classe sans avoir mangé et n’ont que ce repas “ scolaire ” pour la  journée. Bien des parents inscrivent l’enfant à l’école pour lui assurer au moins ce repas.
Or le Centro Preescolar n’a pas reçu de fonds de l’Etat pour acheter les denrées alimentaires nécessaires, donc il faudra renoncer à servir des repas, donc la fréquentation des élèves sera en baisse… On en est encore là…

De plus, la Directrice nous dit que comme le bâtiment scolaire nécessite des réparations, elle fait appel aux autorités qui répondent que l’Etat entretient seulement les bâtiments construits par le FISE (fond international social d’urgence). Or le Centro Preescolar a été construit par la solidarité française en 1987. Et ceci ne tient pas compte des démarches que nous avons effectuées en 2002 et 2003 afin de remettre ce bâtiment scolaire à l’Etat. Nous disposons d’un document qui  confirme cette donation. Mais au Nicaragua, où les amitiés politiques priment sur la légalité,  quelle est la valeur d’un document rédigé sous le gouvernement précédent ? ?

Les parents d’élèves joignent une lettre pour solliciter notre soutien. Nous adressons au Centro Preescolar la somme initialement prévue : 1500 Euros  du CALJ et 600 du Comité de Besançon. Et aussi un courrier expliquant aux parents et à la Directrice que eux seuls sont en mesure de réclamer à l’Etat nicaraguayen les fonds nécessaires pour que les enfants puissent bénéficier d’une première scolarité satisfaisante.

USAID = United States Agency for International Development ( oct.08 )
(Sources : www.rebelion.org  –  www.voltairenet.org)
L’Agence Etasunienne pour le Développement International intervient dans de nombreux pays. Créée en 1961 avec des objectifs apparemment légitimes, cette agence dépend officiellement du Département d’Etat  et dispose d’un budget de 850 millions de dollars par an, fonds publics en principe consacrés à l’aide humanitaire internationale.

“ Au même titre que la Fondation nationale pour la démocratie (NED), les États-Unis utilisent leur service de coopération et d’assistance humanitaire, l’USAID, comme couverture pour leurs actions secrètes d’infiltration et de déstabilisation. Le journaliste mexicain Edgar González Ruiz rapporte pour Réseau Voltaire/Red Voltaire le soutien de l’USAID aux formations d’extrême droite cubaines et vénézuéliennes pour renverser les présidents Fidel Castro et Hugo Chavez. ” (…)

Le gouvernement Bush s’active à la création de groupes de soutien artificiels qui, financés par des fonds états-uniens, se chargent de déstabiliser les gouvernements qu’il cherche à renverser, et justifie de telles agressions par une rhétorique dans laquelle abondent les invocations à Dieu, à l’ “ amour ”, à la “ compassion ” et à la “ défense de la démocratie ”.

La Fondation Nationale pour la Démocratie (NED) et l’Agence Etasunienne pour le Développement International (USAID) sont autant d’instruments destinés à financer les ONG de droite qui espèrent installer dans leurs pays respectifs des gouvernements fidèles aux intérêts états-uniens.

Le 15 janvier 2004, l’USAID diffusait une note informative sur le Programme cubain dont le thème était de “ favoriser une transition rapide et pacifique vers la démocratie à Cuba ” et qui par sa nature même constituait un projet ouvert de subversion du gouvernement de ce pays. Les activités visant à faciliter le renversement du gouvernement cubain incluaient la distribution de dix mille radios à ondes courtes à Cuba pour que les insulaires aient accès à la propagande anticastriste, ainsi que le financement et le maintien de journalistes et ONG opposés au régime cubain…

Selon l’USAID, le Programme cubain avait jusqu’alors mobilisé un total de 26 millions de dollars de donations bénéficiant à 28 ONG pour promouvoir “ la solidarité avec les défenseurs des droits de l’homme cubains, permettre aux journalistes cubains indépendants de s’exprimer, développer des ONG cubaines indépendantes et tracer un plan de transition vers la démocratie par le biais de dons aux universités et aux ONG ”.
Les fonds anticastristes de l’USAID ont été aiguillés vers l’Université de Rutgers, l’Université de Miami, la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) ainsi que le Conseil Patronal États-Unis-Cuba.

Il convient de souligner qu’une stratégie identique, consistant à financer des organisations de droite dont la plupart sont d’inspiration patronale, fut adoptée par le gouvernement Bush dans le but de provoquer la révolte en Haïti et de promouvoir le référendum contre Chavez au Venezuela.

Parmi les groupes ayant bénéficié de l’argent étasunien figure l’agence CubaNet, qui soutient le journalisme anticastriste et a reçu pour cela plus de 800 000 dollars ainsi que The Freedom House, prétendu groupe de défense des droits de l’homme présidé par l’ancien directeur de la CIA James Woolsey , qui a reçu, en plus d’autres dons, la somme d’un million trois cent mille dollars pour publier près de quarante mille livres, pamphlets et autres publications sur Cuba. ”

L’USAID possède des agents dans 16 pays d’Amérique Latine où elle réalise des actions. Elle effectue aussi de nombreuses autres opérations stratégiques dans différentes parties du monde.

En Bolivie, le programme de l’USAID se concentre sur la balkanisation du pays et le financement d’actions violentes contre l’autorité du président. Récemment, plusieurs fédérations d’agriculteurs et cinq municipalités de la région de Cochabamba ont expulsé les agents de cette organisation en dénonçant leur implication dans la préparation d’un coup d’Etat.

De son côté, l’organisation semi-gouvernementale Fondation Nationale pour la Démocratie (NED) avait financé entre 2002 et 2004 des programmes comportant la formation à Washington de 13 jeunes “ leaders émergents ” boliviens susceptibles de renforcer les partis de droite…

Fidèle collaboratrice des projets secrets du Département d’Etat, l’USAID est l’une des principales armes de l’empire pour maintenir sa domination sur “ l’arrière-cour ” des Etats-Unis… Jusqu’à ce que les peuples, comme à Cochabamba, décident que les temps de l’ingérence sont terminés.…

Miami et les Cubains exilés.

“ La communauté cubaine de Miami en a assez de la rhétorique anti-cubaine des gouvernements républicains et pour elle, le thème de Cuba a perdu de l’intérêt. Dans mon district, quand on demande quelle est la chose la plus importante, la réponse numéro un est : l’économie. Ensuite viennent  la guerre et la protection de la santé, puis l’éducation, les impôts… Cuba ne vient qu’à la 5ème ou 6ème place. ”

Ainsi parle Raúl Martínez, candidat démocrate à la Chambre des Représentants, qui a la mission historique de détrôner le Républicain Lincoln Díaz Balart, dans son 8ème mandat. Le seul fait qu’un homme politique se prononce de cette manière à moins de trois mois des élections  générales constitue un fait insolite dans un scénario dominé depuis cinq décennies par une sorte de dictature politique de l’aile ultra-réactionnaire des cubano-étasuniens de Miami.

Selon un commentateur radio, “ On a tant parlé, ici, de l’imminence d’une transition politique à Cuba que ce qui se produit maintenant, c’est une transition politique à Miami !  Actuellement, après 5 décennies orientées vers la confrontation,  il n’existe plus une voix hégémonique cubano-étasunienne, mais une multiplicité de voix, ce qui a rendu l’ambiance plus respirable… Avec le changement générationnel, il est temps d’adopter une perspective “ pragmatique ” dont les fruits pourraient se voir bientôt. ”

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