Infos ( octobre 2009)

HONDURAS : De Arbenz à Zelaya : la compagnie Chiquita (autrefois United Fruit Company et United Brands)… (Source : www.rebelion.org)

Lorsque, fin juin, les militaires honduriens renversèrent le gouvernement démocratiquement élu de Manuel Zelaya, il y eut sans doute des soupirs de soulagement dans les salles du Conseil d’Administration de Chiquita.Au début de cette année, la compagnie productrice de fruits, basée à Cincinnati (Etats-Unis), se joignit à l’entreprise Dole pour critiquer le gouvernement de Tegucigalpa qui avait augmenté le salaire minimum de 60 %. Chiquita se plaignait que les nouvelles règles affecteraient les bénéfices de la compagnie, et exigeraient de la firme des frais plus élevés qu’au Costa-Rica : exactement 20 centavos de dollar de plus pour produire une caisse d’ananas et dix de plus pour une caisse de bananes… Chiquita s’inquiétait donc parce qu’avec les réformes du président Zelaya elle perdrait des millions : la compagnie produit 8 millions de caisses d’ananas et 22 millions de caisses de bananes par an.

Quand la loi sur le salaire minimum fut proclamée, Chiquita chercha de l’aide et appela le Conseil Hondurien de l’Entreprise Privée ( COHEP). Comme Chiquita, le COHEP était mécontent de la mesure de Zelaya sur le salaire minimum : le président du groupe argumenta que si le gouvernement persistait à vouloir imposer une augmentation du salaire minimum, les employeurs se verraient dans l’obligation de licencier des travailleurs, augmentant ainsi le chômage dans le pays…
Le COHEP, principale organisation patronale du Honduras, regroupe 60 Associations patronales et chambres de commerce qui représentent tous les secteurs de la vie économique hondurienne.Le COHEP, – selon son site internet -, est le bras politique et technique du secteur privé hondurien, il appuie les accords de commerce et fournit un “ appui critique pour le système démocratique ”.Le COHEP argumente que la communauté internationale ne devrait pas imposer des sanctions économiques contre le régime putchiste de Tegucigalpa, car cela aggraverait les problèmes sociaux du Honduras.

Dans son rôle nouveau de porte-parole des pauvres du Honduras, le COHEP déclare que le Honduras a déjà souffert des tremblements de terre, des pluies torrentielles et la crise financière mondiale. Avant d’appliquer au régime des mesures punitives, argumente le COHEP, les Nations Unies et l’Organisation des Etats Américains devraient envoyer des équipes d’observateurs au Honduras pour évaluer à quel point les sanctions affecteraient les 70 % de Honduriens qui vivent dans la pauvreté. Le président du COHEP a par ailleurs exprimé son appui au régime putchiste de Micheletti et assure que les conditions politiques du Honduras ne sont pas propices à un retour d’exil du Président Zelaya…

HONDURAS : la résistance, à trois mois du coup d’Etat du 28 juin.
Extraits d’une interview de Betty Matamoros, éducatrice populaire hondurienne et responsable du secteur international du Front de la Résistance Front National contre le Coup d’Etat au Honduras). (www.rebelion.org)
“ Le Front National contre le Coup d’Etat est préoccupé par la pression interne que nous subissons : nous n’avons pas de Cour Suprême ni de Ministère Public pour stopper la répression ; nous n’avons pas pu rompre le siège médiatique auquel nous sommes condamnés depuis le début. Ceci nous oblige à sortir du pays : la résistance continue à l’intérieur mais elle a besoin de l’appui international pour venir à bout de ce Coup d’Etat si néfaste pour le peuple. ”
“ Mais plus la répression s’exerce contre le peuple, plus la résistance pacifique se renforce. Les forces armées auraient voulu que nous ayons des réponses violentes pour justifier encore plus de violence.Mais elles sentent qu’elles n’ont pas pu briser la résistance pacifique. Le peuple donne une grande leçon : il veut des changements en accord avec ses propres initiatives. La résistance ne se contente pas d’être dans la rue, elle fait preuve de créativité et maintient sa discipline de manière non-violente.
Le Président Zelaya est revenu au Honduras quand il a senti que toute perspective de dialogue ou de négociation s’éloignait. Il lui fallait faire quelque chose. Le peuple le soutient pour les avancées populaires réalisées grâce à ses mesures : la non-privatisation des services publics, le refus de céder des concessions pour l’exploitation des ressources naturelles, l’augmentation du salaire minimum de 2800 à 5500 lempiras ; la réduction du prix des carburants, etc. Et Zelaya est d’accord de réaliser une consultation en vue d’une Assemblée Constituante (ce qui fut l’un des prétextes du coup d’Etat). ”
“ Il faut rappeler que le mouvement populaire réclame cette Constituante depuis 2005, durant la lutte contre le Traité de Libre Commerce : nécessité de renforcer la Constitution face au poids croissant des traités commerciaux. L’OEA, avec le Président Oscar Arias du Costa Rica, propose depuis des semaines un plan de paix qui émet l’idée d’une amnistie, alors que le Coup d’Etat fut un délit qui doit être sanctionné. Ce plan n’envisage pas non plus la proposition d’une Assemblée Constituante, alors que c’est une revendication populaire.
Le Président de facto, Micheletti, fixe des élections générales le 29 novembre prochain. Mais dans ce cadre de répression il n’est pas envisageable de participer à un processus électoral. Nous ne pouvons voter sous la menace des fusils et avec les forces armées comme garants du déroulement. Le peuple dit non à ces élections.
Le peuple hondurien souhaite que la communauté internationale adopte une position plus claire et plus ferme, que les Etats-Unis et l’Europe sortent de l’ambigüité par rapport au coup d’Etat. ”
“ Nous insistons sur trois demandes concrètes : que l’on nous aide à rétablir l’ordre constitutionnel et institutionnel ; que l’on refuse de financer un processus électoral illégal, et que soient adoptées des mesures fortes pour faire reculer les putchistes.
Actuellement un dialogue qui semble ne pas avoir d’issue dure depuis le 7 octobre entre les commissions de Zelaya et de Micheletti. Zelaya propose que le Congrès National décide de son retour à la Présidence et Micheletti refuse. Il est important de souligner que Zelaya rejette toute idée d’intervention armée, il demande que les sanctions envers le gouvernement de facto soient d’ordre économique et financier. ”

BOLIVIE : Evo Morales constate une stabilité économique historique.
A l’occasion du 184ème anniversaire de la Bolivie, le Président Morales a souligné les résultats obtenus par son gouvernement après trois ans et demi de pouvoir et malgré la crise financière internationale. “ Nous avons contribué à la stabilité macro-économique, que ce soit par l’excédent fiscal, l’excédent commercial, la croissance des réserves internationales et la croissance de l’investissement public, et avant tout, bien sûr, par la récupération de nos ressources naturelles ”.
L’investissement public de l’Etat qui atteignait à peine 500 millions de dollars en 2005, est à présent de 1859 millions de dollars. Les réserves internationales sont passées de 1700 à 5000 millions de dollars. Selon Morales, ces résultats ne sont pas seulement le produit des politiques de l’Etat mais la conséquence du travail en commun avec les mouvements sociaux. Morales a exhorté toute la population à la participation active afin que la Bolivie apparaisse comme un pays sans affrontements, uni, travailleur et en développement.

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