BREVES – (Mai 2010)

(Sources : www.agenciapulsar.org – www.jornada.unam.mx –www.rebelion.org)

BOLIVIE : nationalisations.
En précisant que le 1er mai était une date tout indiquée pour récupérer les entreprises privatisées durant 20 années de gouvernement libéral,  le gouvernement bolivien a nationalisé trois entreprises de production d’énergie électrique et une de distribution. La nationalisation fut concrétisée par la signature des décrets 493 et 494. L’Etat contrôle à présent 80 % de la production d’énergie électrique, et assure que tôt ou tard il contrôlera la totalité de l’énergie produite dans le pays car « les services de base ne peuvent relever du domaine privé, mais faire partie du service public et doivent bénéficier à tous les citoyens».

PEROU : pratiques de l’emploi.
La Centrale Unitaire des Travailleurs ( CUT) du Pérou a dénoncé que les politiques du travail du président Alan García sont fondées sur des lois en vigueur depuis la dictature de Alberto Fujimori. Ces lois réduisent les droits des travailleurs. Selon la CUT, c’est le travail précarisé qui domine dans le pays, avec 60 % d’emplois auto-créés. La Loi Générale du Travail n’a pas encore été traitée par le Congrès. Il existe des négociations collectives en chantier et non résolues depuis cinq ans.  Et les entreprises ont toute latitude de licencier ceux qui veulent impulser la création d’un syndicat. Les entreprises ont tendance à sous-traiter l’emploi, d’où basses rémunérations et insécurité du travail.

ETATS-UNIS : migrations.
Des milliers de manifestants, en majorité latinos, ont rejeté ce 1er mai la loi anti-immigrés promulguée en Arizona. Des marches ont eu  lieu dans 70 villes des Etats-Unis. La loi édictée par la gouverneure de l’Arizona, autorise les polices locale et nationale à arrêter des étrangers sur la simple suspicion qu’il s’agit de migrants sans papiers. Les manifestants, considérant que les migrants ne sont pas des criminels,  ont rejeté cette décision qui doit entrer en vigueur le 28 juillet prochain. Ils ont également exigé du Président Obama qu’il respecte sa promesse électorale d’impulser une réforme migratoire mettant fin aux rafles et déportations des sans-papiers.

HAITI : accusée ?
Au cours du lancement du 12ème Festival International « Ciné et Droits de l’Homme » de Buenos Aires, l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano évoqua la situation de Haïti depuis le terrible séisme du 12 janvier. L’objectif de ce Festival est de promouvoir la réflexion et le débat sur les Droits Humains dans le monde à travers des films et vidéos de production indépendante. L’auteur des « Veines ouvertes de l’Amérique Latine » s’est entretenu avec les organisateurs du Festival à  la Bibliothèque Nationale d’Argentine. « Le séisme a été beaucoup plus grave qu’il n’aurait dû l’être, parce qu’il n’y avait pas de mesures préventives dans ce pays sans Etat public. » Parlant du FMI et de la BM, Galeano remarqua : « Ce qui me préoccupe c’est qu’aujourd’hui ces organismes jouent un rôle central dans ce qu’ils ont appelé la Nouvelle Fondation d’Haïti, alors que leur spécialité n’est pas de fonder un pays mais d’aider au fonctionnement.… » Rappelant que l’ONU avait organisé en mars  la Conférence Internationale des Donateurs pour le Nouveau Futur de Haïti : « La fausse charité s’est transformée en envoi de militaires, non seulement après le séisme mais déjà bien avant (.…). La majorité des médecins accourus à Haïti étaient des spécialistes cubains, mais ceci ne suscita pas une  ligne dans les périodiques du monde.… » Haïti fut autrefois accusée de  « propager la peste de la liberté. ».

MEXIQUE : violences en Oaxaca.
Récemment, une caravane humanitaire se dirigeait vers San Juan Copala, à 600 km au sud-est de Mexico, dans la région des indigènes Triquis. La caravane devait apporter une aide à la communauté qui a été soumise à un blocus paramilitaire et contrainte à l’isolement depuis la déclaration de son autonomie. L’encerclement de la communauté autonome Triqui fait partie de la répression de l’Etat contre les efforts du peuple qui veut prendre le contrôle de son destin. Mais les paramilitaires d’UBISORT jouissent de la complicité du gouvernement de l’Etat.
A cause du blocus paramilitaire, les enfants de la municipalité ne peuvent plus aller à l’école, la communauté est sans électricité, sans eau potable ni services médicaux et ne peut être ravitaillée.
Le 27 avril, la caravane, constituée de  militants de droits humains internationaux, tentait d’apporter des vivres à la population. Elle avait été organisée par l’Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca et VOCAL (Voix de Oaxaca édifiant l’autonomie et la liberté).
Le chef d’UBISORT déclara qu’il empêcherait à tout prix le passage de la caravane. Une embuscade fut organisée aucours de laquelle deux personnes furent assassinées et d’autres blessées ou séquestrées. Ce type d’agression, notamment les assassinats de militants pour la défense des droits humains, fait partie des tactiques de guerre sale qui ont été institutionnalisées dans tout le Mexique.

Cette attaque montre le niveau de violence et l’impunité avec laquelle le parti au gouvernement,  le PRI, maintient les caciques  locaux au pouvoir, ainsi que la nature des groupes paramilitaires qui soutiennent ce parti dans les communautés paysannes de l’Etat d’Oaxaca.
Seulement depuis novembre 2009, 19 personnes de San Juan Copala ont été assassinées par les paramilitaires, assassinats jamais élucidés. Avec les nombreuses agressions brutales contre la population, tout cela a créé un climat d’impunité totale pour des groupes comme UBISORT, et le gouvernement cherche à nier sa responsabilité.

PARAGUAY : le Président Lugo sous l’épée de Damoclès.
Les opposants au gouvernement progressiste du Président Lugo se radicalisent. Sa situation rappelle celle du Président hondurien Zelaya avant le coup d’Etat de juin 2009. Lugo a rendu gratuites l’éducation et la santé, a mis en marche divers programmes sociaux qui ont amélioré la situation du logement et de l’alimentation pour les défavorisés, il a augmenté les salaires, réparti des terres aux petits agriculteurs, commencé un processus d’expulsion des bases militaires étatsuniennes, et le Parlement, où il n’a pas la majorité, menace de le destituer « s’il continue sur cette voie ». (voir nos infos de mars 2010).

Un important chef d’entreprise de l’élevage bovin a appelé à la création de corps paramilitaires anticommunistes pour en finir avec ce gouvernement. Dans un courrier, ce brave homme définit les objectifs de ces paramilitaires : « poursuivre, attraper et liquider physiquement tous les communistes qui attentent contre nos vies et nos biens » puis il prétend « communiquer publiquement au Señor Lugo que sa fête va se terminer et que pour son idylle avec Chávez, Morales, Correa, Castro et les autres, les jours sont comptés… »

NICARAGUA : avortement thérapeutique (suite d’un pénible feuilleton…)
(Source : revue ENVIO, avril 2010)

Le gouvernement de Daniel Ortega a reçu de nombreuses critiques dans les forums internationaux de droits humains et des pressions de la part des gouvernements européens pour réclamer la dépénalisation de l’avortement thérapeutique, pénalisé totalement depuis 2006, avec l’active participation du Front Sandiniste, dans une conjoncture électorale.

En mars dernier une vingtaine de députés ( libéraux et Mouvement des Rénovateurs Sandinistes,  MRS) lancèrent une initiative de loi pour réformer le Code Pénal et y faire inclure des exceptions légales qui permettent aux médecins de pratiquer l’avortement thérapeutique quand la vie de la mère est en danger. Selon un rapport officiel présenté par la députée MRS Monica Baltodano,on  a enregistré en 2008 au moins 13 décès de femmes enceintes qui auraient pu être évités par un avortement thérapeutique. Les opposants les plus acharnés à l’initiative d’une nouvelle loi sont la Conférence Episcopale et le groupe de députés du Front Sandiniste.

Le chef de ce groupe, Edwin Castro, a fait la déclaration suivante à un média pro-sandiniste :
« Ce projet de loi des forces antidémocratiques et antipopulaires nous parvient au pire moment, en période de Carême et de Semaine Sainte, qui est le moment de la réflexion, le moment du pardon, le moment du sacrifice de Jésus pour renouveler la vie. Et c’est à ce moment qu’on nous présente un projet de loi aux positions pro-avortement. Le peuple du Nicaragua doit savoir clairement que nous sommes en faveur de la vie et que d’autres sont en faveur de la mort ».

La Société Nicaraguayenne de Gynécologie et d’Obstétrique ainsi que la Société Nicaraguayenne des Médecins Généralistes  ont publié le 26 mars un communiqué en faveur du projet de loi : « Nous avons confiance que la réforme sera approuvée par la majorité du Parlement pour que l’on nous permette de travailler en accord avec notre jugement clinique et notre liberté de prescription, sans courir de risques inutiles comme celui d’être emprisonné pour avoir accompli notre devoir de préserver la vie des femmes… »

BOLIVIE : Le Président Morales indique qu’il remettra ce mois-ci au secrétaire général de l’ONU les conclusions de la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique, tenue récemment à Cochabamba. Il annonce aussi que son pays sera libre de semences transgéniques  d’ici cinq ans.
Par ailleurs, sur le territoire bolivien, riche en ressources naturelles, se trouve le salar de Uyuni, le plus grand désert de sel du monde. Ses dix mille km2 renferment cent millions de tonnes de lithium, – soit la moitié des ressources mondiales – , matériau indispensable pour la fabrication de batteries de voitures électriques et de téléphones portables. L’entreprise française Bolloré, parmi d’autres, a manifesté son intérêt pour l’extraction du lithium et son industrialisation.

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