L’ALBA grandit et s’affirme… ( mars 2012 )

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Créée en 2004 par Cuba et le Venezuela, l’ALBA ( Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique) est devenue ALBA/TCP (Traité de Commerce des Peuples) à l’initiative du Président bolivien Evo Morales. Actuellement elle comprend 8 Etats : Bolivie, Equateur, Venezuela, Nicaragua, Cuba, Antigua-et-Barbuda, La Dominique, et Saint-Vincent-et les-Grenadines. Le Honduras en faisait partie mais a été retiré par le gouvernement de facto après le coup d’Etat de 2009.
Le 11ème sommet de l’ALBA s’est tenu à Caracas les 4 et 5 février derniers. Cette alliance devient un acteur régional important : d’autres Etats vont y adhérer, comme le Surinam, Haïti et Sainte-Lucie. Grands et petits Etats ont le même statut : le prochain sommet aura lieu en juin à La Dominique.
Les menaces contre ce bloc progressiste sont grandes. Le coup d’Etat contre le président hondurien Zelaya en 2009 est intervenu après que celui-ci eut inscrit son pays dans l’ALBA. Le gouvernement de facto retira le Honduras de cette Alliance et aujourd’hui le pays se débat entre répression et grande pauvreté, tandis que le gouvernement de facto n’a pas l’appui régional.
En mai 2011 les ultra-conservateurs de la Chambre des Représentants de Washington appelaient à appliquer des sanctions contre les membres de l’ALBA afin de contrecarrer son avancée en Amérique Latine. Il est vrai que le renforcement économique, politique et social de l’ALBA préoccupe les groupes et gouvernements de droite.
La création de l’UNASUR ( Union des Nations Sud-Américaines) en 2008 et celle de la CELAC (Communauté des Etats Latino-Américains) fin 2011, ont volontairement laissé de côté les Etats-Unis et le Canada : les Etats de l’hémisphère sud veulent tourner la page en  rejetant la tutelle impériale.
Le récent Sommet de l’ALBA a réaffirmé son soutien à l’Argentine dans son conflit avec le Royaume Uni sur les Malouines. Un accord fut signé avec le ministre des Affaires étrangères argentin, prévoyant des activités d’assistance technique et des transferts de technologie.
Deux décisions particulièrement importantes furent prises lors de ce sommet : celle annonçant la création  d’un Conseil de Défense (Conseil de Défense de l’Alliance) et surtout celle prévoyant la constitution d’un espace économique commun ( ECOALBA/TCP).
Le Conseil de Défense de l’Alliance sera chargé d’établir une doctrine militaire commune aux Etats membres de l’ALBA, sans faire appel à l’endoctrinement des écoles militaires ni aux conseillers nord-américains.
Le projet concernant l’ECOALBA est sans doute le plus novateur. Il rejette les traités de libre-échange  et son objectif est « la distribution équitable des richesses et l’encouragement à des formes de propriété populaires, coopératives et sociales des moyens de production ». Cet accord est en rupture avec les règles du FMI, de la Banque Mondiale et de l’Union Européenne.
Un inventaire général des ressources marchandes et complémentaires des pays membres sera établi et le commerce s’effectue déjà  par l’utilisation du SUCRE (Système unitaire de Compensation Régionale de Paiement). Cette monnaie virtuelle équivalant à 1,25 dollar a été créée en 2009 pour faciliter les échanges commerciaux entre les membres de l’ALBA sans recourir au billet  vert. En 2011, 431 opérations furent effectuées grâce à ce mécanisme pour un montant de 271 millions de Sucres, principalement entre Venezuela et Equateur. Cuba et  la Bolivie l’utilisèrent aussi.
Il faudra sans doute un certain temps pour que les échanges au sein de l’ALBA , – mis à part les hydrocarbures -, atteignent un volume considérable. Mais sans tarder la Banque de l’ALBA va créer son fond de réserves : chaque pays membre y déposera 1 % de ses réserves de change, ce qui signifie déjà 300 millions de dollars de la part du seul Venezuela.…
De vastes programmes de soins médicaux publics coordonnés entre  membres de l’ALBA, et dans lesquels Cuba a tenu un rôle fondamental, ont bénéficié à des millions de patients dans les pays de l’ALBA. Actuellement des études sont menées pour détecter les familles qui ont des handicapés à charge. Des programmes spécifiques ont permis d’éliminer l’analphabétisme au Nicaragua, au Venezuela et en Bolivie. C’est à présent le tour de l’Equateur.
Par des efforts en commun on impulse actuellement l’enseignement secondaire et supérieur. Récemment ont été lancées des initiatives dans des secteurs variés : santé, énergie, communication, transport, logement, alimentation, et l’on promeut l’extension du Traité de Commerce des Peuples avec des échanges justes et équilibrés. Les nouvelles structures décidées lors du onzième Sommet permettront des contrôles effectifs et une bonne coordination des actions de services .
Depuis 7 ans, l’ALBA est devenue une alliance d’intégration d’un type nouveau dont les principes sont la collaboration, la complémentarité et la solidarité entre ses membres au nom du bien-être de la majorité de ses citoyens.

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