BREVES : (octobre 2012)

NICARAGUA : Le nucléaire à géométrie variable du Président
( www.envio.org.ni)

Récemment le Président Ortega rencontrait dans un hôtel de Managua une délégation du Bateau de la Paix du Japon, composée de survivants du désastre nucléaire de Fukushima en visite au NIcaragua. Le président Ortega déclara que la leçon de cette tragédie est que l’être humain, malgré toutes les avancées technologiques, « ne peut aller contre la nature. Qui peut arrêter un tremblement de terre ou un tsunami ? DIeu seul. Nous ne pouvons pas défier la Nature, défier la Nature serait  défier Dieu ». Ortega se référa aux limites que ceci impose aux travaux qui nécessitent l’énergie atomique et « aux grands risques que l’on court à user de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques ». Et il s’engagea à lutter pour que disparaissent du monde les armes nucléaires et l’énergie atomique.

Sa déclaration créa  la surprise, car lors de sa prise de pouvoir le 10 janvier 2012, en présence du président iranien Ahmadinejad, Ortega, parlant aussi de  l’urgence de la paix mondiale, avait défendu le droit de l’Iran à développer son programme nucléaire et  » le droit des peuples de développer l’énergie atomique : celui qui dispose d’un armement atomique, on ne l’attaque pas, mais celui qui développe l’énergie nucléaire à des fins pacifiques est accusé et menacé, comme c’est le cas pour l’Iran », avait-il déclaré à cette occasion.…

BRESIL : Marche arrière pour Belo Monte
(www.adital.org.br)

La centrale de Belo Monte devrait être la 3ème centrale du monde par ordre de grandeur, après Tres Gargantas en Chine, et Itaipú, qui concerne à la fois le Brésil et le Paraguay.
Le procès qui concerne cette construction semble ne jamais devoir se terminer. Début août le Tribunal régional Fédéral de la Première Région, dont le siège est à Brasilia, décidait de stopper les travaux de la centrale hydroélectrique de Belo Monte, au motif que cette initiative ne respectait pas la Constitution brésilienne ni l’Accord 169 sur les Peuples Indigènes et Tribaux, puisqu’une consultation préalable de ceux-ci n’avait pas été réalisée.

Puis intervint deux semaines plus tard le jugement du Tribunal Fédéral Suprême qui ordonnait la reprise des travaux, répondant ainsi à une demande de l’avocat général qui argumenta que le fait de paralyser les travaux serait préjudiciable au patrimoine public ainsi qu’à l’économie et à la politique énergétique du pays. Le procureur général précisa qu’en outre  la décision d’arrêter la construction ne respectait pas une sentence du Tribunal Fédéral Suprême de 2007 qui signalait que la centrale ne violait pas la Constitution brésilienne…

Selon Amazon Watch (défense des droits des indigènes) le juge du Tribunal Suprême aurait reçu la visite de nombreux ministres et  représentants gouvernementaux qui se prononçaient contre la suspension de Belo Monte et la consultation de peuples indigènes, et lui-même n’accepta pas de se réunir avec des représentants des communautés indigènes affectées par le projet avant d’émettre sa sentence.

« C’est un cas emblématique d’un système légal gravement vicié, où la bureaucratie et l’intervention politique permettent des violations systématiques des droits des personnes et de la législation environnementale » a déclaré le directeur du programme amazonien de l’organisation Internationale Rivers. »Il est nécessaire et urgent d’examiner toutes les plaintes (plus d’une dizaine) contre Belo Monte qui sont encore en attente dans les tribunaux ».

EL SALVADOR : Le pouvoir des maras (ou pandillas) (octobre 2012)
(www.rebelion.org)

Dans la capitale San Salvador, la police informe que dix mille membres des pandillas « Barrio 18 » et « MS-13 » sont en prison. Le reste est dans les rues et maintient un contrôle étroit sur les environs pauvres de la ville, dont le village proche de Las Colinas, où se trouvent les cinq écoles.
A Mejicanos, dans les abords immédiats de la capitale, les graffitis dans les rues annoncent que la pandilla « MS-13 » est « le pouvoir ». Tout ce qui entre dans la pandilla doit obéir à ses règles. Les pandillas rivales se tiennent éloignées les unes des autres et la police ne s’aventure dans ces lieux qu’avec l’aide d’équipes spécialisées et durant la nuit.

Une fois que la personne entre, les pandilleros sortent de leur cachette. Ils permettent l’entrée à ceux qu’ils reconnaissent. On entoure les étrangers, on les enregistre, on les interroge, puis on leur ordonne de payer pour pouvoir continuer plus loin. « Pour pouvoir vendre leurs produits, les marchands ambulants doivent payer un tarif mensuel. S’ils le font, ils survivent, mais on continue toujours de les observer. » affirme Juan Escobar, vendeur de boissons fraiches. « S’ils veulent des boissons, il faut les leur donner, sinon ils se fâchent. »

Depuis le début de la trêve que les pandillas ont signée il y a quelques mois, il y a un peu moins de violences : la Police Nationale Civile informe que jusqu’au 22 juin on a enregistré 41 étudiants assassinés, alors qu’en 2011 durant la même période il y en eut 74. Les meneurs emprisonnés reconnaissent que la violence atteignait des niveaux incontrôlables. Peu après avoir accepté la trêve, les pandillas avaient déclaré les écoles « zones de paix » et promis de ne plus recruter dans ces lieux.
Les pandilleros qui opèrent au Honduras et au Guatemala tentent d’obtenir un accord semblable avec les autorités.

Mais  la peur continue à dominer dans les rues. « Oui, c’est vrai que quelques assassins sont tombés, mais nous nous demandons combien de temps durera la trêve » signale Domitila, 53 ans, vendeuse de rue à Quezaltepeque, l’une des zones de forte activité pandillera, à 30  km au nord-est de San Salvador. « Je ne peux pas parler beaucoup, ils pourraient me tuer. Vous ne savez pas comme ils sont. Nous, les civils, nous sommes coincés entre les pandillas et nous avons appris à survivre. »

BOLIVIE : L’Etat Plurinational. Un exemple.
(www.rebelion.org)

Le rapporteur spécial de l’ONU a apprécié, lors de sa récente visite officielle, les initiatives du gouvernement Morales pour lutter contre le racisme et la discrimination : En 2009,  la nouvelle Constitution adoptait la dénomination d’Etat Plurinational de Bolivie. En 2010 fut promulguée la Loi contre le Racisme et toutes formes de Discrimination, suivie de la création d’un Comité National de Lutte spécifique. Lutter contre toutes  les formes d’intolérance est d’une importance vitale dans ce pays où vivent des peuples indigènes, des afroboliviens et d’autres communautés  et groupes vulnérables. Outre l’application des mesures prévues par la Loi, d’autres mesures utiles s’imposent comme la sensibilisation, l’éducation et la formation.
Le rapporteur de l’ONU souligna aussi le manque de participation de certains  médias boliviens : « Il est préoccupant de constater que quelques médias hégémoniques ont diffusé des messages de supériorité  raciale qui incitent à la haine, et qu’ils ne fassent pas l’effort de fournir une information équilibrée qui fasse entendre aussi la voix des groupes discriminés ».

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