AMERIQUE LATINE : Les problèmes du recyclage (septembre 2013)

(ECOPORTAL)

Toutes les nations d’Amérique Latine présentent des chiffres alarmants dans la pratique du recyclage. Aucun pays ne dépasse la proportion de 15 % de matériel recyclé dans les déchets qu’il produit annuellement. Le Chili, leader en Amérique Latine pour les résidus solides, avec 16,9 millions de tonnes par an, n’atteint pas 10 % de récupération des déchets qui devraient être réutilisés. Mais il est encourageant d’apprendre que la culture du recyclage commence à se faire entendre par les voix  des jeunes latinoaméricains.

Il faut de la volonté chez les personnes et un engagement de leur gouvernement pour parvenir à un développement soutenable. L’éducation à l’environnement émerge comme un processus d’apprentissage qui éveille la conscience de l’Homme envers la Nature, en promouvant la plantation d’arbres, le nettoyage des cours d’eau, l’économie d’énergie électrique et le recyclage au sein des communautés.

Recycler, c’est soumettre un matériel ou un produit usagé à un processus physico-chimique ou mécanique qui permette de le réutiliser. Pour cela il est vital de respecter la règle des trois R: réduire, réutiliser, recycler, et d’éviter ainsi l’accumulation de déchets domestiques et industriels.

Il existe un dilemme actuel sur l’importance ou l’inutilité de recycler les déchets, qui est alimenté par trois facteurs :
– Le premier concerne l’ignorance des personnes, qui refusent sans réfléchir de trier les déchets qu’elles ont elles-mêmes consommés. L’égoïsme, le manque de civisme et les querelles entre voisins aggravent encore le conflit.
– Le second est l’indifférence des organismes gouvernementaux qui légifèrent sur le thème écologique en Amérique Latine. il existe beaucoup de bureaucratie mais peu d’initiatives concrètes pour réaliser des changements simples mais significatifs dans le but d’améliorer l’interaction de l’Homme sur l’Environnement.
– Enfin quand il existe des lois ou des ordonnances qui sanctionnent le délit écologique, les tribunaux sous-estiment fréquemment les faits et refusent de mener une enquête.

Au cours de l’année 2013, il faut souligner des propositions novatrices. Par exemple, en EQUATEUR, les enfants du niveau préscolaire sont les protagonistes d’une action de soutien à la Pachamama : « Avec mes petites mains je nettoie la ville ». Durant un mois les élèves de collège ont entendu des conférences sur l’éducation écologique. Puis des conteneurs ont été installés, dans lesquels ils peuvent déposer des éléments recyclables.

En COLOMBIE a eu lieu une campagne de recyclage « Papel Planeta » à laquelle ont participé plus de 150 écoles, cherchant à impulser un usage rationnel de la légendaire pulpe de cellulose que l’on obtient en abattant des milliers d’arbres en Amazonie. Ce qui est intéressant dans ce programme, c’est la participation des étudiants de primaire, secondaire, des professeurs, des parents d’élèves et du corps enseignant. Tous veulent économiser l’usage du papier qui se consomme dans les salles de classe, les bureaux, les foyers. L’objectif final est de recycler 500 tonnes de papier et de planter 40 000 arbres dans les plantations de café.

En ARGENTINE se déroule un projet intitulé « Plus de Recyclage, plus de Vie », qui est mené par l’Union des Usagers et des Consommateurs argentins , en alliance avec l’association Rock et Vie, pour que les gens connaissent les avantages du recyclage en zone urbaine et osent contribuer au progrès de la planète Terre. L’initiative affirme qu’avec un minimum d’efforts on peut arriver à de  grands résultats  : on invite les personnes à recycler des bouchons de bouteilles de soda, des boîtes d’aluminium, des journaux, des radiographies, etc. et d’autres matériaux qui sont remis à des points de collecte  prévus pour ce projet. Cela nous semble une alternative écologique bien intentionnée, qui adhère au quotidien des communautés, en permettant d’améliorer notre relation avec le milieu environnant.

Au PEROU vient de se terminer la campagne « Recycler pour abriter »qui avait pour but d’instaurer une véritable culture du recyclage parmi les citoyens, pour fournir un appui solidaire aux personnes ayant souffert de la vague de froid qui s’est abattue sur ce pays du sud. L’objectif humanitaire était de donner des couvertures faites à partir de bouteilles en plastique, aux enfants et aux adultes du troisième âge qui souffrent des intempéries.

En BOLIVIE a été lancée l’initiative écologique « Je recycle » dont le but était de  développer l’éducation écologique dans les rues boliviennes, au moyen des manifestations de la Journée Mondiale du Recyclage. Dans ce but, plus de 400 personnes ayant les connaissances écologiques nécessaires s’étaient mobilisées pour contacter les habitants de La Paz, Cochabamba, Santa Cruz et Tarija, et faire prendre conscience de l’importance d’adopter le recyclage communal.

Au MEXIQUE on continue de réaliser le « Reciclatrón », constitué de journées de collecte de résidus électroniques, où les personnes peuvent apporter des appareils usagés ou abimés, ordinateurs, vidéocassettes, téléphones portables obsolètes, chargeurs de batteries  alcalines, etc. Plusieurs manifestations ont déjà été réalisées  en cherchant à créer une conscience socio-écologique chez les citoyens,  et ainsi éviter l’accumulation de déchets technologiques. Les engins électriques sont démontés pour réutiliser les composants et les porter aux entreprises qui les utiliseront pour de nouveaux produits. Ces initiatives ont lieu en fin de semaine pour toucher le maximum d’habitants.

Au VENEZUELA  existe le « Plan Pilote de Recyclage », vu comme une stratégie écologique qui requiert l’engagement du Ministère de l’Environnement, de l’Education et des Industries, afin de promouvoir l’éco-socialisme dans la patrie bolivarienne. Les Etats de Nueva Esparta, Miranda, Carabobo, Aragua, Zulia et Caracas ont pour mission d’accroitre la pratique du recyclage sur leur territoire. Récemment l’Etat de Miranda a inauguré un Espace Ecologique qui a pour but de stimuler la culture du recyclage à travers l’économie de papier et la conservation du milieu environnant. L’infrastructure du lieu a été réalisée à partir d’éléments fabriqués avec des matériaux recyclés.

Il existe aussi en Amérique Latine des pays qui sont pionniers dans le monde du recyclage. Par exemple le BRESIL est leader dans la collecte d’emballages d’agro-toxiques, dans la réutilisation d’emballages plastiques. Il vient en tête  dans le recyclage de pneumatiques qui se transforment en  asphalte, tuyaux, plancher, et même en combustible alternatif.

De son côté le GUATEMALA est la nation centroaméricaine qui recycle le plus de verre, à la différence du NICARAGUA qui présente le plus faible indice de matériel recyclé.

En juillet 2013, la ville colombienne de BUCARAMANGA a  décrété l’obligation, pour les habitants, de recueillir et de trier les déchets des foyers. L’action légale a un but pédagogique et peut aussi engendrer des sanctions économiques chez les personnes récalcitrantes. Cette décision apparait comme réaliste, dans  l’indifférence où nous vivons par rapport à l’écologie. Car si les gens ne sont pas disposés à recycler de leur propre volonté, quand ils recevront une amende ils changeront radicalement d’attitude. Il est l’heure d’assumer nos responsabilités dans le domaine écologique, et d’adopter des initiatives qui rejettent le vice du consumérisme

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