ETATS UNIS : Enfants travailleurs. (Juin 2014 )

( Radio La Primerísima, Nicaragua )

Des milliers d’enfants, en majorité fils de migrants latinos, travaillent jusqu’à 50 ou 60 heures par semaine dans les plantations de tabac du sud. Ils y sont exposés à la nicotine et aux pesticides, selon l’organisation Human Rights Watch (HRW) qui mène aux Etats-Unis le même combat qu’Amnesty International en France.
Celia a commencé à travailler dans les plantations de tabac dès 12 ans en Caroline du Nord. Avec beaucoup d’efforts, elle a réussi à intégrer l’école secondaire et maintenant, à 20 ans, elle travaille dans une banque.

« D’abord c’est la saison de plantation qui se fait avec une grosse machine dont il faut suivre le rythme. Ensuite vient le temps d’arrachage des herbes, de cueillette de la fleur, d’élimination des feuilles sèches, et tout cela se fait à la main », explique Celia.
« Si tu mets des gants c’est plus difficile de le faire. Mais pour le faire plus vite à main nue, tu finis avec les mains pleines de gras comme du goudron » dit la jeune fille, qui ajoute : « Dans ce pays tu dois avoir au moins 18 ans pour acheter des cigarettes, mais tu peux travailler dans les plantations dès l’âge de 12 ans. »

Le rapport intitulé  » Les enfants cachés du tabac », de HRW, explique les conditions dans lesquelles travaillent ces mineurs dans les plantations de Caroline du Nord, du Kentucky, du Tennessee et de Virginie, où l’on cultive 90 % du tabac récolté dans le pays.
La majorité des enfants reçoivent le salaire minimum national de 7,50 dollars à l’heure, ce qui peut représenter 375 à 400 dollars par semaine, bien que dans certaines plantations on leur fasse des retenues pour divers motifs.

Les enfants souffrent de vomissements, de nausées, de maux de tête pendant leur travail dans les plantations, symptômes liés à l’intoxication par la nicotine, selon HRW.
Eric, 17 ans, qui a commencé à travailler dans le tabac dès l’âge de 11 ans, dit que ce sont les « péones » eux-mêmes qui doivent acquérir leur équipement, sacs de plastique par exemple, pour se protéger quand il pleut dans les plantations. « Et quand il fait chaud, on n’a pas d’eau fraiche », ajoute-t-il.

La Loi du Travail des Etats-Unis, qui limite la participation infantile dans l’agriculture, ne s’applique pas au secteur de l’agriculture.
En 2011, le Département Fédéral du Travail a émis des régulations qui visaient à restreindre le travail infantile dans l’agriculture, mais les pressions du secteur privé aboutirent en 2012 à l’annulation de ces régulations.

HRW écrivit à dix compagnies états-uniennes et internationales du tabac. Toutes répondirent que dans leur
entreprise les lois sur le travail infantile étaient respectées.
Le rapport signale que les enfants travaillant dans les plantations souffrent souvent de blessures dues à l’utilisation d’instruments coupants ou d’engins lourds.

Un autre travail dangereux est le stockage des feuilles coupées dans les séchoirs, grandes baraques qui ont des poutres transversales à huit ou dix mètres de haut, et les enfants doivent grimper pour accrocher les feuilles et les tiges des plantes pour le séchage.
Andrea, 17 ans, l’une des mineures qui a donné son témoignage pour le rapport de HRW, dit qu’elle a commencé à travailler dans la plantation à six ans. Maintenant, quand elle a fini ses devoirs pour l’école, elle accompagne sa mère en fin de semaine. En été, elle y va tous les jours.

 

 

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