La journée internationale des Détenus-Disparus.

(Extraits d’articles de SOA Watch et Ollantay Itzamná,
publiés par REBELION septembre 2014).

A l’initiative de la Fédération Latino-américaine des Associations de Familles de Détenus-Disparus (FEDEFAM), et avec l’appui de l’ONU, depuis 2011 le 30 août est la journée commémorative des Détenus-Disparus.
A cette occasion, les survivants, familles et amis, ainsi que les organisations de Droits de l’Homme, organisent des expositions photographiques, des conférences, témoignages, célébrations, et autres activités, dans le but de maintenir vive la mémoire et les espérances des peuples violentés.

En ce jour, nous nous souvenons de ces personnes qui furent capturées par les forces armées et de sécurité et dont on ne sait plus rien. La disparition forcée, comme pratique du système, s’est installée dans toute l’Amérique Latine durant les décennies 60, 70 et 80.

La disparition forcée engendre une torture psychologique pour les proches des disparus. Elle constitue l’un des crimes les plus horribles de lèse-humanité et c’est une violation qui se perpétue jour après jour, tant que la personne n’apparait pas. Les proches ne peuvent faire le deuil, ne peuvent trouver les restes, et vivent une torture psychologique faite d’angoisse et de tristesse.

Au Guatemala, ce sont environ 45 000 familles qui cherchent encore les leurs, détenus et disparus durant la guerre civile. Le « Diario Militar », découvert en 1999, avec les données de 184 Guatémaltèques disparu(e)s, et les archives historiques de la Police Nationale Civile, avec 80 millions de documents, découverts fortuitement en 2005, constituent des documents probants qui permettront de définir le sort des coupables et apaiseront les familles.

Doña Feliciana Macario, indigène maya quiché et représentante de CONAVIGUA, qui a perdu 4 membres de sa famille durant le conflit armé, affirme : « Nous ne savons pas combien de temps il faudra au Guatemala pour guérir les blessures profondes causées par les 36 années de guerre interne, mais ce dont nous sommes sûrs, c’est que la vérité et la justice sont l’unique chemin pour ne pas faire cadeau de l’impunité aux coupables. »

Comme le clament les survivants : « Ni oubli, ni vengeance. Justice! » Mais pour accélérer les processus de transformations structurelles au niveau de l’Etat et de la société, il manque une conscience politique du peuple offensé…
Utilisons cette journée pour éduquer. La vérité doit nous servir d’outil pour faire face au silence et en particulier pour parler du rôle joué par les Etats Unis.

« Que le 30 août nous serve à continuer d’exiger la vérité et à dignifier la mémoire des disparus. Refuser l’oubli, continuer d’élever notre voix, continuer de rappeler tous les disparus, est une décision politique et un devoir éthique pour combattre l’impunité. « 

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