L’éternelle croisade anti-bolivarienne made in USA

(Telesurtv, 16 Février 2015

La nouvelle tentative putchiste échouée au Vénézuéla, gouvernée une fois de plus par la Maison Blanche, est le point maximum d’une forte recrudescence d’offensives durant ces dernières semaines. Le rejet régional déterminé met en évidence que cette stratégie conduit les Etats-Unis à un isolement encore plus évident.
« Nous avons démantelé un attentat putchiste contre la démocratie, contre la stabilité de notre patrie », annonçait le président Maduro jeudi dernier. Cette nouvelle action déstabilisatrice impliquait des membres de l’Aviation Militaire.

De nouvelles « guarimbas ».

Plus tard, le président de l’Assemblée Nationale, Diosdado Cabello, révéla les noms des militaires liés à l’évènement et montra les preuves contondantes recueillies sur les ordinateurs et téléphones des officiers détenus. C’était « l’opération Jericho » qui devait avoir lieu le 12 février, accompagnée de la publication d’un manifeste appelant à un gouvernement de transition et suivie de bombardements à partir d’un avion Tucano sur les institutions du gouvernement et sur Telesur. Le plan comprenait en outre le lancement de nouvelles « guarimbas » (violentes actions de rues) et une stratégie médiatique pour légitimer le coup d’Etat.
Chronologie d’un nouvel assaut.

En même temps que le gouvernement d’Obama prenait la décision historique de changer de stratégie face à Cuba au bout de plus de cinq décennies, il appuyait sur l’accélérateur dans son harcèlement à la révolution bolivarienne. Une forte escalade s’est intensifiée durant les dernières semaines. Résumé des derniers épisodes :

  • Le 2 février, le Département d’Etat a émis un communiqué dans lequel il annonçait de nouvelles sanctions – comme la restriction du visa – contre les fonctionnaires vénézuéliens « présumés coupables ou complices de violations des Droits de l’homme ». Sans les identifier, le texte affirme : « Négligeant les exhortations des gouvernements, des leaders respectables et des groupes d’experts au sujet d’un changement, le gouvernement vénézuélien continue de faire preuve d’irrespect des droits humains et des libertés fondamentales. » A la différence des sanctions imposées depuis Washington, six semaines plus tôt, cette fois la mesure surgit de l’exécutif et non à l’initiative du législatif.Le même jour, Maduro dénonçait que le vice-président des Etats Unis, Joe Biden, se réunissait avec des leaders des Caraïbes  » les exhortant à laisser seul le Venezuela  » étant donné que « le gouvernement va bientôt tomber ». Maduro proposa d’entreprendre des actions juridiques nationales et internationales et accusa Biden d’être le principal promoteur des plans putschistes.
  • Le dimanche 8, le général Vincent Stewart, directeur de l’Agence d’Intelligence du Département anticipa, dans une comparution devant le Commission parlementaire du Département de la Défense des Etats Unis, que le Venezuela affronterait des « protestations massives » durant les mois précédant les élections législatives de cette année.
  • Le lendemain, la Maison Blanche communiquait le document « Stratégie de Sécurité Nationale pour 2015 ». On y affirme que : « Nous appuyons les citoyens des pays où le plein exercice de la démocratie est en péril , comme au Vénézuéla. » En réponse, la chancelleris vénézuélienne envoya un communiqué : « Personne ne porte atteinte à la paix , ni à la démocratie et à la stabilité mondiale que le mythe de « l’exceptionnalité » états-unienne qui conduit son gouvernement à disqualifier sans cesse des pays et à émettre des déclarations qui constituent un acte d’ingérence inacceptable dans la politique interne d’autres Etats ».
  • le mardi 10, Ben Rhodes, assesseur de sécurité nationale des Etats-Unis, affirma que les autorités vénézuéliennes « accusent fréquemment les Etats-Unis d’être responsables des problèmes qu’il rencontrent. Mais je pense que dans la région personne ne les croit. Cela est risible et ne peut servir d’excuse face à leurs propres problèmes domestiques ». Rhodes insista auprès du gouvernement vénézuélien afin qu’il avance vers un modèle de pays « cohérent avec la Charte Démocratique Interaméricaine », où il y a « des élections libres et justes, une société civile à laquelle on permet de s’épanouir et la liberté d’expression ».
    La chancelière vénézuelienne, Delcy Rodriguez, conseilla à Rhodes de lire les déclarations d’appui des organismes régionaux et le mit en garde : » Le Venezuela se respecte. Nous ne sommes l’arrière-cour d’aucune puissance étrangère ».
  • Le mercredi 11, le vice-président Biden reçut Lilan Tintori, épouse du leader d’opposition Leopoldo López, prisonnier depuis presque un an pour avoir pris le commandement d’une tentative de déstabilisation le 12 février 2014. Biden informa par twitter qu’il se réunissait « avec des Vénézuéliens affectés par l’oppression du gouvernement pour souligner notre engagement dans la promotion des droits humains dans le monde entier. »

Quand les parapluies fonctionnent.

La réaction des organismes d’intégration régionale se déploya aussitôt la semaine suivante. Une commission de chanceliers de l’UNASUR, avec le secrétaire général Ernesto Samper, se réunit le lundi à Montevideo et rejeta les mesures adoptées par les Etats-Unis. Le jour suivant, le bloc sud-américain émit un communiqué dans lequel il ratifie « que l’application des sanctions unilatérales prévues dans cette loi lèsent le principe de non-intervention dans les affaires internes d’autres Etats et ne contribuent pas à la stabilité, la paix sociale et la démocratie au Venezuela ».

L’ALBA se prononça aussi : « Les pays de l’ALBA-TCP rejettent catégoriquement tout type de mesures coercitives contre le gouvernement vénézuélien, dont le projet évident est de faire échouer le processus de transformation socio-politique que la société vénézuélienne a décidé de mener à bien de manière souveraine et démocratique. Ces nouvelles sanctions contre le peuple et le gouvernement vénézuélien dissimulent les véritables intentions de déstabiliser le Gouvernement Bolivarien avec l’objectif de parvenir à son renversement. »

Pour sa part, la CELAC ( Communauté d’Etats Latinoaméricains et Caribéens) diffusa une déclaration dans laquelle elle indique que l’organisme « réitère son refus de l’application de mesures coercitives unilatérales contraires au Droit International ». Outre les blocs régionaux, le Mouvement des Pays Non Alignés, diverses organisations populaires de la région, des intellectuels et les mandataires de Bolivie, Uruguay, Equateur et Nicaragua manifestèrent également un appui résolu au Venezuela.

« Merci à l’ALBA, à l’UNASUR, à la CELAC, merci à l’Amérique Latine et aux Caraïbes, nos frères, nous marchons ensemble, et voilà le bouclier protecteur, merci pour votre volonté ferme et claire de nous protéger et de nous aider face aux agressions de l’empire états-unien », a salué Maduro.

Le président bolivarien déclara encore: « La politique des Etats-Unis contre le Venezuela a placé Obama dans une voie sans issue. C’est une politique de l’échec, qui continuera à échouer et qui, de plus, isolera les Etats-Unis comme les a isolés leur politique d’échec contre la révolution cubaine durant 53 ans ».

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