AMÉRIQUE LATINE – Phénomène « El Niño » intense

(Noticias Aliadas du 11/09/2015, trad. B. Fieux)

Les organisations scientifiques alertent sur les impacts du phénomène climatique.

L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a confirmé le 1er septembre qu’« actuellement dans l’Océan Pacifique tropical se produit un épisode de El Niño fort, devenu à maturité. La plupart des modèles internationaux sur l’évolution probable du climat suggèrent que l’épisode de El Niño de 2015-2016 s’intensifiera probablement avant la fin de l’année ».

El Niño est un phénomène climatique qui se caractérise par le réchauffement des eaux superficielles du Pacifique dû à l’affaiblissement des vents alizés qui soufflent d’est en ouest, provoquant dans la région des pluies intenses, des inondations, des sécheresses, de fortes températures  avec la destruction conséquente d’infrastructures, de perte de production agricole, de biodiversité et même de vies humaines.

Selon l’OMM, durant le mois d’août les températures de la superficie des parties centrale et orientale du Pacifique tropical se sont situées entre 1,3°c et 2,0°C au-dessus de la normale. Et les prédictions sont que ces températures dépassent les 2°C , les convertissant en l’un des 4 épisodes  les plus forts de El Niño  depuis 1950 ( 1972-73, 1982-83, 1997-98).

David Carlson, chef du Programme d’Investigation du Climat de l’OMM, a précisé durant la présentation du rapport que l’actuel phénomène se produit dans des conditions nouvelles influencées par le changement climatique. Il ajouta que depuis le dernier épisode de El Niño (1997-98), la couche de glace de la mer Arctique s’était réduite à des niveaux minimums et probablement que plus d’un million de km2 de surface gelée se sont perdus dans l’hémisphère nord.

« Nous sommes sur une nouvelle planète et nous ne comprenons pas complètement les nouveaux modes de fonctionnements qui se manifestent. En vérité nous ne savons pas ce qui se passera. Ces deux types de fonctionnement se renforceront-ils mutuellement ou bien s’annuleront-ils entre eux ? Nous n’avons aucun précédent pour cette situation » dit Carlson en référence à la réduction de la superficie glacée de l’Arctique et au phénomène de El Niño.

Rupa Kumar Kolli, chef de la Division des Applications et Services Climatiques de l’OMM, affirme que « le point le plus critique de ce El Niño est attendu entre octobre 2015 et janvier 2016. »

Réchauffement global

Le Conseil Agropastoral Centroaméricain (CAC), qui regroupe les ministères agropastoraux du Belize, du Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua et Panama, déclara l’alerte régionale le 20 août devant l’aggravation de la sécheresse qui affectait quelque deux millions de personnes.

Julio Calderón, secrétaire exécutif du CAC, précisa que l’alerte était « un appel aux autorités pour attirer leur attention sur la situation critique et qui pouvait empirer ».

Des organismes dédiés à la gestion des risques réunis à Managua, (Nicaragua), informèrent en conférence de presse le 3 septembre que « le panorama était extrêmement critique ». Au Honduras le gouvernement déclara l’état d’urgence alimentaire dû au fait que la sécheresse avait laissé sans aliments presque un million de personnes, tandis qu’au Guatemala on enregistrait des pertes allant jusqu’à 100% de cultures comme le maïs et les frijoles.

A la différence de l’Amérique Centrale, la région côtière d’Amérique du Sud, – particulièrement la Colombie, l’Equateur et le Pérou -, connaitra des pluies intenses, tandis qu’aux Caraïbes on prévoit une augmentation de fréquence des ouragans.

Selon l’Administration Nationale Océanique et Atmosphérique (NOAA) des Etats Unis, le mois de juillet dernier a enregistré, au niveau mondial, les plus hautes températures en 136 ans, atteignant une température moyenne de 16,6°C, soit 0,08°C de plus qu’en juillet 1998. Pour les scientifiques, le changement climatique et les impacts de El Niño sont la cause de ces températures record.

« Le monde se réchauffe. La température continue d’augmenter. Ceci est démontré  à répétition par nos données » a dit le scientifique Jeke Crouch, de la NOAA. « Maintenant que nous sommes pratiquement sûrs que 2015 va être l’année la plus chaude enregistrée, c’est le moment de commencer à regarder quels sont les impacts de tout cela. Qu’est-ce que cela signifie réellement pour les gens ? »

La NOAA indique qu’il existe une probabilité supérieure à 90% que El Niño continuera jusqu’en mars 2016 et à 85% qu’il persiste jusqu’en juin.

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