CUBA – Le port de Mariel

(Texte de Frei Betto, publié par Adital, trad. B. Fieux – 01/12/2015)

Avec un peu plus de 11 millions d’habitants et un PIB de 66 000 millions de dollars, Cuba affronte des difficultés économiques, en majeure partie imposées par le blocus décrété par le gouvernement des Etats-Unis. Malgré cela, comme le déclarait l ‘écrivain Leonardo Padura, dans un quartier marginalisé du Brésil, il y a plus de gens de la rue que dans tout Cuba. On espère que la récente réactivation des relations diplomatiques entre les deux pays se consolide avec la fin du blocus et la restitution de la base de Guantanamo, utilisée comme prison illégale pour supposés terroristes séquestrés par la CIA dans le monde entier.

Pourquoi les yanquis ont-ils décidé brusquement de baisser la garde avec Cuba, en rétablissant des relations et en retirant le pays de la liste des nations « terroristes » ? Business, my friend, business. Ils se sont rendu compte qu’ils étaient en retard quant au potentiel de négoces avec Cuba, qui a déjà attiré plusieurs pays capitalistes, comme l’Espagne, le Royaume Uni, et maintenant la France, dont le président – François Hollande – a visité l’île en mai dernier.

Le vieux port de La Havane, avec le quartier colonial de la ville, ne peut plus accueillir les gros cargos. C’est pourquoi Cuba se voit obligée de recourir au port de Klingston, en Jamaïque, pour exporter et importer des marchandises. Ceci représente un coût de 70 millions de dollars par an, jusqu’à ce que le nouveau port de Mariel soit terminé.

Mariel est située à 45 km de La Havane. Financé avec 830 millions de dollars par la BNDES (Banque Nationale de Développement Economique et Social, Brésil) avec une technologie de Singapur et de Chine, qui fournira les grues. Le nouveau port devrait entrer en fonctionnement d’ici 4 à 5 ans. Le projet est de Odebrecht (entreprise brésilienne) et la main d’œuvre cubaine, en ce qui concerne techniciens et ingénieurs.

Le port de Mariel aura une extension de 2,4 km et une profondeur de 17,9m. Ce sera le plus grand des Caraïbes avec la capacité de recevoir 1 million 300 mille conteneurs par an, chacun avec une capacité moyenne de 18 tonnes.

La zone spéciale de développement de Mariel (ZEDM) ne se limite pas au port. Alentour s’installeront des industries de haute technologie pour élaborer des produits qui se substitueront aux importations, ainsi que ceux destinés au marché international. Une voie ferrée unira ce port à La Havane et à d’autres villes.

Le complexe de Mariel sera avantagé par la modernisation du canal de Panama, qui à partir de l’année prochaine, doublera le  nombre de navires qui passent de l’Océan Pacifique à l’Atlantique. Et les travaux de l’autre canal interocéanique du Nicaragua devraient être terminés d’ici une dizaine d’années, si toutefois les résistances des opposants peuvent être surmontées. Ce mégaprojet, d’un coût estimé à 40 mille millions de dollars, est financé par le Chinois Wang Jing, qui a contacté une entreprise de Hong Kong.

Mais tant que le port de Mariel n’entre pas en opération, l’économie cubaine continuera de dépendre des devises obtenues par le travail solidaire des médecins et enseignants dans une centaine de  pays, ainsi que par l’exportation de produits tels que le sucre, le nickel et les cigares.

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