VENEZUELA – Les défis de la guerre économique.

(Hedelberto López Blanch, publié par Rebelion – 29/12/2015 – Trad. B. Fieux)

Le triomphe de la droite vénézuélienne obtenu aux élections du 6 décembre lui ont donné la majorité au Parlement, et cela signifie pour la Révolution Bolivarienne une sérieuse menace qui peut anéantir toutes les avancées sociales réalisées par le peuple au cours des 16 dernières années.  

Malgré les grands succès obtenus depuis l’arrivée au pouvoir de Hugo Chávez en 2000 puis par Nicolas Maduro à partir de 2013, l’offensive économique déstabilisatrice des forces de la droite nationale et internationale dirigées depuis les Etats Unis et l’Europe occidentale  ont donné des résultats et les couches populaires tournent le dos au gouvernement , dans la croyance ingénue que ces forces du MUD (Mouvement d’Unité Démocratique)  pourront résoudre l’actuelle perte de stabilité alimentaire.

La Révolution bolivarienne a souffert depuis le début de nombreuses attaques qui vont des tentatives de coup d’Etat, aux attentats contre la production pétrolière, à l’accaparement des aliments et médicaments par une partie de l’oligarchie, à la contrebande des marchandises vers les frontières, et aux violentes campagnes de désinformation par les médias contrôlés par l’Occident.

Le Venezuela est devenu une véritable menace pour les pouvoirs hégémoniques traditionnels et contrôlés depuis Washington, car il dispose de la plus grande réserve pétrolière du monde et après la nationalisation de cette industrie, ses bénéfices ont été destinés à améliorer les conditions de vie  du peuple et non à s’évader du pays comme c’était le cas auparavant.

L’exemple d’indépendance et de solidarité qu’il offre à tous les pays du monde est en contradiction avec les intérêts capitalistes puisqu’ils contribuent à empêcher les crises économiques dans les nations latino-américaines en leur offrant des carburants à des prix raisonnables, et en collaborant pour renforcer l’intégration et l’union dans toute la région sans l’intromission  du Nord.

Au cours des 17 années passées, le gouvernement populaire a soigné gratuitement la vision de milliers de citoyens ; il offre des services de santé à toute la population ; il a fait alphabétiser des millions d’habitants qui pourront continuer leurs études jusqu’à l’Université. Il a attribué un million de logements avec équipement électro-ménager à des milliers de familles qui maintenant ne vivent plus dans des conditions infra-humaines.

Ce sont des politiques économiques et sociales en faveur du peuple et non des petites minorités et ceci, on le sait, est en totale contradiction avec le néolibéralisme et le système capitaliste.

L’oligarchie locale, ne pouvant par renverser la Révolution par la force et les coups d’Etat, renforce la guerre économique dans le but de créer des conditions de pénurie et de faim parmi la population  pour mettre ensuite la faute sur le gouvernement.

Comme les grands distributeurs sont aux mains de l’oligarchie, ils ont impulsé la contrebande de biens de première nécessité, qu’ils soient de production nationale ou importés, vers la Colombie avec la collaboration des narcotrafiquants qui opèrent sur la frontière.

Les produits se commercialisent à la frontière, à des prix 50 fois supérieurs à ceux que le gouvernement propose sur le marché vénézuélien, et bien souvent ils sont réexportés clandestinement par ces mafias à Caracas pour y être vendus en dollars, ce qui augmente grandement la demande de billets verts et accroît leur coût sur le marché noir.

Les biens de première nécessité comme le papier hygiénique, le  savon, le dentifrice, les déodorants, la farine, le riz, les frijoles et beaucoup d’autres disparaissent des marchés, ce qui crée un énorme malaise dans les files d’attente pour les obtenir. Le pouvoir d’achat des travailleurs et des personnes pauvres s’évanouit et ils  n’écoutent pas les dénonciations gouvernementales sur le rôle des oligarchies, des mafias ou sur la guerre économique.

A cela s’ajoute le grand pouvoir des médias dans le pays (périodiques, émetteurs radio ou télé) dont 90 à 95 % sont sous le contrôle de l’extrême droite qui exerce constamment une guerre psychologique  bien organisée contre les politiques gouvernementales.

Ayant maintenant le contrôle total au sein du Parlement, les forces du MUD tenteront de détruire les législations sociales prises par le gouvernement en faveur des plus pauvres, comme la Loi des Justes Prix sans laquelle s’imposeraient à nouveau les paramètres du néolibéralisme économique, qui laisserait le destin des familles à la merci du « marché libre ».

La gestion de la droite sera de chercher par tous les moyens à créer une malaise généralisé au sein de la population à l’encontre du gouvernement de Maduro pour ensuite provoquer un référendum révocatoire contre le président et du même coup, contre la Révolution Bolivarienne.

Ce sont des moments difficiles dans lesquels l’oligarchie accroitra la guerre économique qui ne pourra être jugulée que par l’union de tout le peuple et par une politique intelligente et tenace du gouvernement.

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