PEROU – « Je veux une révolution sociale pour mon pays »

(Noticias Aliadas, 23 /08 /2016 – Trad. B. Fieux)

Le Président Pedro Pablo Kuczynski  – plus connu sous le nom de PPK, sigle de son parti politique, Peruanos Por el Kambio, (Péruviens pour le Changement) -, a pris le pouvoir le 28 juillet pour un mandat de cinq ans. Beaucoup ont été surpris que cet économiste libéral de 77 ans manifeste dans son premier message à la nation vouloir « une révolution sociale pour mon pays; je souhaite que dans cinq ans, le Pérou soit un pays  moderne, plus juste, plus équitable et plus solidaire. »

« Que signifie être un pays moderne ? Cela signifie que les inégalités entre les plus pauvres et les plus riches doivent se résoudre en élevant le niveau de vie des plus pauvres », a-t-il ajouté.

Deux semaines plus tôt, PPK avait révélé les noms des 18 ministres qui formeront son cabinet ainsi que celui du président du Conseil des Ministres, l’économiste Fernando Zavala. Même si la majorité d’entre eux ont eu une expérience de l’Etat, la presque totalité provient du secteur privé. Le seul qui vient du gouvernement précédent est le Ministre de l’Education, Jaime Saavera Chanduvi.

Dans son discours, PPK énuméra ses engagements pour ce mandat : « 1. L’eau et l’égoût pour tous les Péruviens. 2. Un service d’éducation publique de qualité, qui ouvre au monde des millions de jeunes. 3. Un service de santé publique sensible au malade, opportun et efficace .4. Construire une infrastructure pour le développement dont nous avons un besoin urgent. 5. Délivrer notre patrie de la corruption, de la discrimination, de l’insécurité, du délit, en luttant dans la transparence contre ces fléaux historiques ».

Plusieurs analystes signalèrent que ce message fut apprécié par les diverses tendances politiques sauf par le fujimorisme regroupé dans Fuerza Popular.

Cependant, la prise de pouvoir à laquelle assistèrent les présidents d’Argentine, du Chili, de Colombie, d’Equateur, du Mexique et du Paraguay, fut interrompue par des législateurs fujimoristes criant des slogans en faveur de Keiko Fujimori, qui fut battue au 2e tour par seulement 42 000 voix.

Le fujimorisme s’était imposé au 1er tour avec 39,8 % des voix et en obtenant 73 congressistes sur 130, ce qui lui permet le contrôle absolu du Congrès, le  parti de PKK n’ayant que 18 législateurs. Une semaine avant le second tour, les enquêtes annonçaient le triomphe quasi assuré de Keiko. Mais des dénonciations de liens avec le narcotrafic dans son entourage et une forte campagne des secteurs anti-fujimoristes rappelant le régime autoritaire de Alberto Fujimori firent basculer les résultats. Il apparut que sur les 73 congressistes pro-Fujimori, onze étaient inquiétés par la justice pour blanchiment d’argent.

Un collectif  – « No a Keiko » – constitué dès 2009, organisa une marche qui réunit 50 000 personnes dans les rues de Lima. « Dans ce collectif il y a des personnes de toutes les tendances politiques…Ce qui nous unit, c’est notre défense de la démocratie et notre lutte contre le fujimorisme qui a permis d’éviter l’élection de Keiko Fujimori en 2011 comme en 2016. Nous considérons le fujimorisme néfaste pour notre pays par son passé corrompu et violeur des droits humains ».

Le collectif « No a Keiko »affirme qu’il continuera à lutter contre le fujimorisme pour éviter qu’en 2021 ce parti soit présent au second tour des présidentielles…

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