COLOMBIE – Démobilisation des FARC

(Noticias Aliadas, 27/02/2017 – Trad.B.Fieux)

7000 combattants sont concentrés dans 26 zones où l’on procédera à la remise des armes et à la réinsertion dans la vie civile. Le 18 février le dernier groupe armé des combattants des FARC est arrivé dans le municipio La Montaña, au sud du département de Caqueta, l’une des 26 zones de regroupement des guérilleros.

Le second Accord de Paix signé le 26 septembre entre le Président Juan Manuel Santos et le chef des FARC Rodrigo Londoño, avait été ratifié par le Congrès le 1er décembre.

L’abandon des armes doit s’effectuer entre le 1er mars et le 1er juin devant une mission des Nations Unies. Au terme du processus, les armes doivent être fondues et le métal servira à construire trois monuments qui seront installés en Colombie, à Cuba et à New York.

Les guérilleros demeureront concentrés durant six mois, comptés à partir du 1er décembre, délai pendant lequel ils recevront une formation pour le travail; on leur remettra une carte d’identité et ils seront affiliés au système de santé.

En mai les FARC devront réaliser un Congrès qui  leur permettra de constituer leur parti politique légal. Durant les deux prochaines périodes législatives, ils bénéficieront d’un nombre limité de sièges parlementaires.

Le leader guérillero Jorge Torres Victoria, connu sous le nom de Pablo Catatumbo, chargé de la mobilisation des combattants des FARC, dénonça dans une lettre ouverte publiée le 8 février la lenteur du gouvernement pour mettre en place les travaux qui allaient permettre l’installation des démobilisés des 26 « veredas » (petites unités géographiques rurales).

« Le trajet pour monter jusqu’au plateau qui doit devenir  la zone de veredas s’est passé sans problèmes. Des voisins sont venus nous saluer avec des drapeaux blancs et se sont approchés pour nous accompagner. Quand nous sommes arrivés, guérilla et population de la zone ont regardé avec stupéfaction cette immense surface où il n’y avait rien : ni les bases des veredas communes, ni les matériaux espérés, ni le moindre approvisionnement en eau potable ».

Le représentant de la mission des Nations Unies en Colombie, Jean Arnault, informa le 17 février les autorités colombiennes que « la majorité des campements ne sont pas prêts, selon les décisions prises avec  le gouvernement, et n’ont  pas été délimités avec précision », ce qui  peut engendrer des incidents.

Le haut mandataire pour la paix, Sergio Jaramillo, et la chancelière Angela María Holguin, répondirent à Arnault que les principales difficultés avaient été surmontées et que « la construction des campements avançait à grands pas ». Ils indiquèrent aussi que la délimitation correspondait au Mécanisme Tripartite de Monitoring et Vérification (MMV) constitué par les Nations Unies, le gouvernement et les FARC, et exprimèrent  leur préoccupation pour le silence du MMV  « devant de nombreux faits violant les protocoles  et les règles qui régissent le cessez-le-feu, les hostilités bilatérales et définitives, et l’abandon des armes ».

Avancées dans les aspects juridiques.

La démobilisation des jeunes de moins de 18 ans par les FARC doit être réalisée immédiatement, commme la guérilla s’y est engagée. Selon Jaramillo, une fois que les FARC seront installés dans les zones veredales et auront communiqué le nombre de mineurs combattants, « ceux-ci commenceront à sortir vers les municipios proches, dans des lieux transitoires où ils seront évalués ».

Arnault, pour sa part, insista sur le fait que l’abandon des armes devrait  s’accompagner  d’avancées tangibles dans les aspects juridiques, socio-économiques et de sécurité qui permettent de soulager les préoccupations des guérilleros.

Le 18 février, le gouvernement émit un décret réglementant la Loi d’Amnistie approuvée le 28 décembre, qui s’appliquera aux « délits politiques de rébellion, sédition, conspiration, usurpation et délits connexes » commis avant le 1er décembre quand l’Accord de Paix entrait en vigueur.

Les personnes intéressées à bénéficier de l’amnistie devront présenter une demande et le bureau du Haut Commissariat pour la Paix devra confirmer si les demandeurs sont membres des FARC. Toutefois, du fait que certains délits ne peuvent être amnistiés, comme l’établit la législation internationale, ces combattants qui seraient restés incarcérés pour cinq ans pourront solliciter une liberté conditionnelle.

De même, les guérilleros condamnés pour des délits non amnistiables et privés de liberté pour moins de cinq ans, peuvent solliditer leur transfert vers les zones veredales pour finir de purger leur condamnation jusqu’à ce qu’entre en vigueur la Juridiction Spéciale pour le Paix (JEP).

La JEP créée le 23 septembre 2016 exercera des fonctions judiciaires et fera partie du Système Intégral de Vérité, Justice, Réparation et Non Récidive (SIVJRNR). Cette instance « remplira le devoir de l’Etat Colombien d’enquêter, poursuivre, juger et sanctionner les graves violations des droits humains et les graves infractions au Droit International Humanitaire (DIH) qui  ont eu lieu dans  le contexte et en raison du conflit armé ».

En dépit des bonnes intentions, divers analystes ont manifesté leur préoccupation, craignant que bien des réformes contenues dans les Accords de Paix ne puissent être maintenues par le prochain gouvernement qui sera élu en juin 2018. En outre, existe le risque que le président états-unien Donald Trump, qui a débuté son mandat le 20 janvier, fasse marche arrière pour la remise, cette année, de la somme de 450 millions de dollars promise par les Etats-Unis pour l’après-conflit…

 

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