8 mars – 3 millions de femmes dans les rues de Washington ont donné le ton.

(Carolina Vásquez, dans Rebelión –  Trad. B. Fieux)

Les mouvements massifs de protestation sont devenus l’unique mécanisme d’incidence possible pour les minorités autour du monde.  Même quand nous, les femmes, sommes majoritaires en termes démographiques, notre présence dans les scénarios de prise de pouvoir est minime et très rarement déterminante. Ceci se reflète dans un degré élevé de vulnérabilité pour ces femmes qui, en raison de leur sexe, ont été marginalisées, abusées et violées dans leurs droits humains, à travers diverses formes de violences, tant individuelles que collectives.

Le cheminement du pouvoir est très complexe pour élever une muraille d’obstacles afin d’éviter la prise de pouvoir par les femmes. L’une des stratégies les plus récurrentes a été de manipuler la culture et les traditions, en les sacralisant pour obtenir de cette catégorie la complicité indispensable afin de reproduire les modèles machistes  au sein du foyer et dès la plus tendre enfance.

Ceci, parce que s’approprier l’énorme pouvoir des femmes pour la transmission des idées et des attitudes à travers la relation avec leurs fils et leurs filles a été l’une des  plus grandes victoires de la culture patriarcale.

Mais les temps changent et aussi les personnes. Ce qui, auparavant, était correct et souhaitable, fait maintenant partie d’une longue liste de concepts à analyser, passer au crible, et dans bien des cas, à écarter.

Poussée à l’extrême, la situation de désavantage pour cet immense conglomérat d’êtres humains obligés d’accepter la subordination, a éclaté dans un cri sonore : No más ! (ça suffit!) Plus de grossesses de fillettes ! Plus de morts maternelles évitables ! Plus de féminicides ! Plus de malnutrition chronique ! Plus de violations sexuelles ! Plus de mariages infantiles ! Plus de salaires inégaux ni de discrimination par le sexe !

Ce sont quelques-unes des nombreuses et puisssantes raisons de la convocation à une grande marche pour les droits des femmes, le 8 mars, Journée Internationale de la Femme, nouvelle accueillie avec enthousiasme dans plus de 30 pays du monde.
Une marche pacifique, parce que nous, les femmes, sommes porteuses de paix et de vie, et non de guerre et de mort, et capables de mettre dans l’agenda les thèmes dont nous avons été traditionnellement exclues.

Elever la voix à une date symbolique est une manière de faire connaitre au monde la force et la pertinence de nos demandes et cette voix doit être entendue pour le bien de toute la société.

Etre femme et vivre dans une société machiste est une chose que peu d’hommes sont capables de comprendre. Etre femme, paysanne, indigène, pauvre et illettrée est comparable à l’ultime étage de cette pyramide de droits humains. Pour cela et pour beaucoup d’autres motifs de la justice la plus élémentaire, il est impératif de respecter leur droit à manifester, à élever leur voix, à dire ces vérités jalousement occultées par une société permissive envers l’abus contre les femmes et les plus démunies.

Selon la CEPAL ( Commission Economique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes ), chaque jour, dans les pays latino-américains et caribéens, 12 femmes meurent assassinées en raison de leur sexe. Cette statistique montre seulement les cas dans lesquels aucun autre motif n’était possible pour l’élimination physique d’une femme.

Dans nos pays où la violence domestique est une norme de vie, nombreuses sont les morts non comptabilisées dont l’origine réside dans la discrimination par le sexe, comme celles survenues durant des accouchements mal accompagnés, comme la traite de personnes, le refus de services de santé par carence de médicaments ou les avortements clandestins…

Pas une de moins !

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