AMERIQUE LATINE – Rel-UITA soutient les luttes des travailleurs.

(Amalia Antúnez, publié par Rel-UITA, 10/03/2017 – Trad. B. Fieux)

Qu’est-ce que Rel-UITA ?

L’UITA fut fondée en 1920 et au début, concernait surtout l’Europe. C’était une fédération syndicale, l’Union Internationale des Travailleurs de l’Alimentation et du secteur Agricole.
Elle s’est ensuite beaucoup développée et après la 2ème guerre mondiale, englobe toute la chaîne alimentaire et se fait connaitre en Amérique du Nord et Amérique Latine. En 1950, elle fusionne avec l’Internationale des ouvriers du Tabac et celle des employés d’Hôtels, de restaurants et de cafés, et les branches connexes.

Actuellement, l’U.I.T.A. compte 380 organisations affiliées, dans 122 pays de cinq continents. Elle représente approximativement 12 millions de membres. Rel-UITA signifie Regional Latinoamericana de la UITA.

Chaque jour, Rel-UITA envoie ses infos sur les luttes en cours. Pour avoir une idée des thèmes abordés, voici quelques cas parmi tous ceux qui nous sont présentés ces dernières semaines:

Les ouvrières des champs de melons au Costa Rica ; le machisme dans les syndicats au Pérou ;  les reculs dans la protection des droits des indigènes aux Etats-Unis ; la pêche industrielle ; les travailleurs de Coca Cola ; le travail du personnel hôtelier d’Argentine ; l’intransigeance du patronat brésilien, etc…

Un texte concis nous présente le cas et relate éventuellement les démarches effectuées et l’évolution de la situation.

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Ce jour Rel-UITA nous adresse une information venant de Colombie. Elle est intitulée: « Le processus de paix ne supprime pas le péril d’être syndicaliste en Colombie ».

Mercredi 8 mars, la voiture dans laquelle se déplace habituellement Medardo Cuesta, trésorier du Syndicat National des Travailleurs de l’Agroindustrie (SINTRAINAGRO), fut atteinte par une grenade. Par chance, Medardo n’était plus dans le véhicule.

« J’étais descendu de voiture parce que nous avions une réunion au siège du Syndicat. Je pense que les individus qui nous ont attaqués croyaient que j’étais encore dans le véhicule. Les dégâts ont été énormes bien que la voiture que j’utilise soit blindée. Elle est totalement détruite, ce qui montre la gravité de la situation », dit Medardo.

Il est dirigeant syndical depuis 25 ans, et a été l’objet de quatre attentats. C’est pour cette raison qu’il circule toujours avec une escorte et que les véhicules qu’il utilise sont à l’épreuve des balles.

Bien que la Colombie soit en plein processus de paix et que le syndicat SINTRAINAGRO appuie à cent pour cent cette initiative, cela ne supprime pas le péril dans lequel vivent les dirigeants syndicaux .

« C’est une action de gens qui sont contre l’activité syndicale, des chefs d’entreprise ou des gens qui vivent en marge de la loi », déclare Medardo.

Quand on lui demande s’il avait reçu des menaces auparavant, ou s’il avait participé à une activité quelconque, Medardo répond en souriant qu’il n’a jamais eu de problèmes avec personne.

« Je suis un homme sincère, je n’ai jamais eu de conflits avec personne, c’est pourquoi je suis sûr que c’est mes activités syndicales qui sont visées par cet attentat », déplore-t-il.

Quant aux menaces, il signale que le président de SINTRAINAGRO, Guillermo Rivera, et lui-même, en reçoivent souvent mais qu’ils ne les dénoncent pas toujours. A partir de maintenant, elles seront systématiquement dénoncées.

Quand on lui demande comment il se sent après cette attaque, il rit  et dit : « Je suis content de travailler, comme toujours, sans peur mais avec attention, en sachant qu’un jour ce sera mon tour de mourir, mais en attendant je suis en vie et je vais continuer à défendre les droits des travailleurs; je vais continuer ma militance syndicale, parce que c’est mon travail. »

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