HONDURAS – La multinationale fruitière FYFFES.

(Rel-UITA, 08/05/2017)

L’organisation Actionaid – Peuples Solidaires  diffuse actuellement un document-pétition sur la lutte des employées de plantations de melons destinés à l’export.
Le texte qui suit est extrait des informations sur le même sujet, publiées par La Rel-UITA hondurienne, organisation syndicale qui soutient les luttes des travailleurs.

Il y a moins d’un mois, Moisés Sánchez, secrétaire général de la sous-section du Syndicat des Travailleurs de l’Agroindustrie et Similaires (STAS) chez FYFFES, fut attaqué avec son frère Misael alors qu’ils rentraient chez eux après une réunion syndicale, par le chemin tortueux et poussiéreux qui mène à La Permuta, dans la profondeur rurale non loin de la ville de Choluteca.

Les deux frères circulaient à bicyclette, il était 18h30 et la nuit commençait à tomber. Soudain près d’un carrefour deux inconnus sortis du néant les agressèrent, ils étaient armés de pistolets et de machetes et leur laissèrent un message clair : qu’ils « cessent de se mêler de « ça ».… Le « ça » en question auquel les délinquants se référaient concernait les activités syndicales que Moisés et son frère animaient pour défendre les droits élémentaires dans une compagnie qui les exploite au maximum.

L’un des agresseurs mit son pistolet sur la nuque de Moisés. Misael s’arrêta, l’autre assaillant le frappa à la tête, Moisés cria « Calme-toi! », et l’assaillant surpris se retourna une seconde, Misael s’enfuit parmi les arbres, dans la demi-obscurité, et l’autre renonça bien vite à le poursuivre.

Alors apparurent six types dont quatre étaient masqués, ils entourèrent Moisés en lui disant qu’il avait laissé beaucoup de personnes sans travail et que s’il n’abandonnait pas le syndicat, les choses iraient mal pour lui.…

Misael, tout ensanglanté, était arrivé à la communauté toute proche de La Permuta demandant de l’aide et tous les habitants se précipitèrent sur les lieux. Les assaillants prirent la fuite. Moises regretta de n’avoir pas pu identifier dans l’obscurité les deux qui n’étaient pas masqués…

Durant la 6ème mission de la UITA au Honduras nous avons parlé avec Moisés pour savoir comment ils avaient vécu la suite de cette agression.
« Maintenant nous sommes un peu plus tranquilles, nous nous remettons peu à peu car nous avons fait toutes les dénonciations auprès des organismes pertinents : nous les avons présentées à la Direction Policière d’Investigation (DPI) du Ministère Public et au Haut Commissariat pour les Droits Humains de l’ONU ».

« L’équipe des Droits Humains nous a offert protection et donné quelques recommandations pour faire cesser les menaces. »Moisés ajouta qu’ils avaient dû franchir une série d’obstacles bureaucratiques  et que s’ils n’avaient pas bénéficié de l’action des avocats David Cárcamo, Félix Daniel et Lady Padilla, ils  n’auraient pas réussi à obtenir cette protection « de manière aussi expéditive ».

« Après l’attentat contre nous, il y a eu aussi un autre épisode de persécution : un camarade m’a avisé que quatre hommes étaient embusqués au même endroit où ils m’avaient attendu. Sans doute qu’ils m’attendaient, mais ce jour-là j’étais à Tegucigalpa.

Deux jours plus tard, deux inconnus montèrent dans le bus que j’ai l’habitude de prendre. Ils dévisagèrent avec attention tous les hommes qui s’y trouvaient … »reprend Moisés.

Depuis qu’ils ont commencé à suivre les recommandations indiquées par les fonctionnaires des droits humains de l’ONU, les épisodes de persécution ont cessé. Mais jusqu’à quand ?…

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