PÉROU – Le plomb, une ombre qui voile le sourire de l’enfance du Pérou.

(Graciela Ramirez, dans Noticias Aliadas – 21/11/2017 – Trad.B.Fieux)

L’enfance est la population la plus vulnérable aux effets toxiques du plomb. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les enfants peuvent arriver à absorber une quantité de plomb 4 à 5 fois supérieure à celle des adultes. En outre, chez les êtres mineurs, le plomb peut avoir des conséquences plus graves et permanentes pour la santé et le développement intégral.

Le 20 novembre on célèbre la Journée Internationale de l’Enfant, un jour pour rappeler que tous les enfants du monde, garçons et filles, ont des droits : à l’éducation, à la protection, et le plus important et vital : ils ont droit à la santé pour vivre dans le bien-être. Cependant il existe des zones dans le pays où l’enfance ne peut pas jouir d’une bonne santé ; au contraire, son bien-être se voit obscurci par l’exposition à un métal toxique et nuisible : le plomb.

Au Pérou, les enfants les plus affectés par le plomb se trouvent dans la ville de Cerro de Pasco, située à plus de 4300m d’altitude, là où l’on exploite les gisements d’or et d’argent depuis plus 400 ans. Aujourd’hui c’est une ville qui recèle des foyers de contamination, entourée de collines de déchets miniers et de bassins d’eau empoisonnée avec de l’arsenic et d’autres substances hautement dangereuses pour la santé.

C’est dans ce lieu où l’air est devenu irrespirable que des centaines d’enfants jouent, étudient et survivent en luttant contre les ravages que l’exposition à cette contamination, avec laquelle ils ont grandi génère, dans leurs organismes sans défense.

Ici à Cerro de Pasco, garçons et filles souffrent quotidiennement de maux de tête, d’hémorragies nasales, de douleurs rénales, de nausées, de difficultés pour se mouvoir, pour parler et pour apprendre, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas profiter d’une vie de bien-être.

L’OMS a inclu le plomb dans une liste de 10 produits chimiques causant de graves problèmes de santé publique. Selon cette organisation, une fois dans l’organisme, le plomb se déplace jusqu’à atteindre le cerveau, le foie, les reins et les os, et se dépose sur les dents et les os où il va s’accumuler avec le temps.

De plus, le plomb déposé sur les os peut retourner circuler dans le sang durant la grossesse, mettant le foetus en grand danger. C’est pourquoi les femmes enceintes sont très vulnérables à cette contamination qui met en risque les générations futures.

L’OMS signale aussi que ce sont les enfants dénutris les plus vulnérables au plomb, car leurs fragiles organismes tendent à absorber de plus grandes quantités de ce métal en cas de carence d’autres nutriments comme le calcium. Ainsi, les populations les plus sensibles sont les enfants en bas âge (y compris les foetus en développement), situation qui s’aggrave s’ils vivent en situation de précarité.

En juin dernier, des dizaines d’habitants de la région de Pasco arrivèrent à Lima, la plupart avec leurs enfants, pour exiger du Ministre de la Santé et du gouvernement central de s’occuper en priorité des plus de 2000 enfants affectés par la contamination de métaux lourds, et qui souffrent de maladies graves comme le cancer et la leucémie.

Les « enfants du plomb », comme on a nommé les enfants de Cerro de Pasco qui ont dans le sang des niveaux élevés de métaux lourds, surtout du plomb, sont les plus lésés, et sont le reflet d’une industrie qui ne respecte pas les standards basiques de soins environnementaux pour garantir un milieu ambiant sain pour les enfants.

Mais ce n’est pas seulement à Cerro de Pasco que l’enfance se voit assombrie par le plomb, en différentes localités humaines du district Mi Perú situé dans la province du Callao, des dizaines d’enfants sont aussi affectés par le plomb dispersé dans l’air qui émane des entreprises dédiées à la fabrication de substances chimiques et fondeuses de batteries de voitures hors d’usage.

Cette douloureuse réalité est connue après la réalisation de différentes manifestations cette année par des habitants du district Mi Perú, qui affirment que voici plus de onze ans qu’il respirent un air hautement toxique pour la santé des habitants, en particulier des enfants et des personnes âgées qui vivent dans des zones voisines de ces entreprises.

L’exposition à la contamination de métaux lourds et à l’impact de ceux-ci sur les enfants, ainsi que l’inaction des décideurs de politiques publiques et d’une grande partie de la population nous amènent à réfléchir à notre manière de garantir les droits des enfants, que nous appelons « le futur du Pérou ».

Qu’est-ce qui nous empêche de donner aux enfants de Cerro de Pasco ou de Mi Perú une meilleure qualité de vie et d’entreprendre des actions pour promouvoir leurs droits écologiques et le bien-être dont ils ont tant besoin pour que les sourires ne s’effacent pas de leurs visages et qu’ils puissent avoir une vie riche comme en méritent tous les enfants ?

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