NICARAGUA – Hôpital Lenin Fonseca (Managua) : licenciements de personnel par le gouvernement

Confidencial du 11 octobre 2018 – Trad. B. Fieux

La doctora Maria Alejandra Espinoza est l’une des dernières spécialistes licenciées du système de santé publique du régime Ortega-Murillo.

Maria Alejandra fut congédiée ce mercredi 9 octobre de l’Hôpital Lenin Fonseca de Managua pour des motifs que ses collègues trouvent « inexplicables ». Elle est radiologue, et pour elle, le motif de son renvoi ne fait pas de doute. « Ils me licencient pour des raisons politiques », dit-elle brièvement à Confidencial. Elle ne veut pas donner plus de détails sur ce licenciement, « pour des raisons de sécurité »…

Dès que les « protestas » et la répression commencèrent dans le pays, l’Hôpital Fonseca fut la destination hospitalière où l’on transportait les blessés les plus graves de la répression. Plus d’une dizaine de citoyens moururent dans cet hôpital.

Bien que jamais un ordre direct ne fut donné de ne pas soigner les blessés de la répression, les médecins du Lenin Fonseca rapportèrent à Confidencial qu’il « y avait des situations dans lesquelles le direction de l’hôpital décourageait les médecins de donner des soins ». En mai, les docteurs publièrent un communiqué informant la population « qu’ils soigneraient tous les blessés, quelles que soient leurs opinions politiques ».…

Dès avril 2018, quand éclatèrent les manifestations contre le régime Ortega-Murillo, cinq spécialistes furent licenciés au Lenin Fonseca : un interne, un chirurgien de chirurgie générale, un gastro-entérologue, un urologue, et à présent la radiologue.

Les médecins du Lenin Fonseca signalent comme principal opérateur politique du régime dans ce centre le Dr Eduardo Caceres, chef du département de neuro-chirurgie. Selon ces médecins, Caceres est « un protégé de Gustavo Porras », actuel président de l’Assemblée Nationale et la « main droite » du caudillo de El Carmen.

La dictature de Daniel Ortega a aussi licencié massivement et sans justifications des spécialistes de l’hôpital Oscar Danilo Rosales, à León, et de l’hôpital Régional Santiago, à Jinotepe. Le « nettoyage » du régime a également atteint des brancardiers , des infirmiers et d’autres personnels de la santé. La même chose s’est produite à l’Hôpital Humberto Alvarado de Masaya, et dans les hôpitaux San Juan de Dios, Pedro Altamirano et au centre de santé Leonal Rugama, de la ville d’Esteli.

Toutes ces personnes coincident sur le motif de leur licenciement : « pour raisons politiques », et pour avoir critiqué la féroce répression de la dictature qui a causé plus de 325 morts et des milliers de blessés.

Il n’existe pas de relevé gobal du nombre de spécialistes et autres personnels licenciés. Toutefois, Carlos Duarte, secrétaire de l’Association Médicale Nicaraguayenne (AMN),a catalogué les licenciements comme « arbitraires » et »une forme de représaille », contre des travailleurs publics de la santé, qui soignaient les blessés de la répression et appuyaient les marches pacifiques contre le régime de Ortega-Murillo.

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