NICARAGUA – SIP récompense le courage du journalisme national.

(Maynor Salazar, dans Confidencial, 17/10/18 – Trad.B.Fieux)

SIP = service information et presse.

Le Grand Prix Liberté Presse 2018 que la SIP a remis au périodisme indépendant du Nicaragua est une reconnaissance au courage et à la valeur des journalistes nicaraguayens qui ont été assassinés, persécutés, censurés, et qui continuent d’être menacés par le régime d’Ortega. Le prix a été décerné lors de l’Assemblée de la SIP à Salta en Argentine et c’est une reconnaissance au professionalisme et à la qualité dans une situation extrême de crise et de tension, selon le Directeur de CONFIDENCIAL, Carlos F. Chamorro.Selon Luis Galeano, directeur du programme Café con Voz, « Le citoyen non seulement s’est éveillé guidé par la main des étudiants pour dire « basta ya ! »aux outrages du gouvernement, mais il a commencé à utiliser d’une manière extraordinaire les réseaux sociaux, recourant à son téléphone portable comme arme fondamentale pour informer sur les agressions, les morts, les violations de la loi. C’est une des plus grandes victoires. Les réseaux sociaux sont devenus notre meilleur outil, pour les simples citoyens comme pour les journalistes, face à un régime qui n’accepte pas les voix différentes, » expliqua Galeano. Avant le 18 avril, 100% Noticias, était l’un des rares médias indépendants auquel participaient des fonctionnaires ou des porte-paroles de l’Etat dans les programmes d’interviews. Mais depuis cette date, la participation de ces acteurs gouvernementaux a été nulle.

Le directeur de 100% Noticias, Miguel Mora, ajoute que « depuis avril on assiste au retour de la politique du monologue officiel. Nous avions bien quelques participations aux programmes de débats, mais pour le reste on ne nous laissait pas entrer : ordre de ne pas accepter les médias qui n’étaient pas du « conglomérat officialiste »…Ceux qui n’étaient pas alignés étaient signalés comme « ennemis » médiatiques… » Le gouvernement s’est enfermé dans son discours du « ici il ne se passe rien », eux étaient des victimes et il n’y avait aucun mort ! La population ne les croit pas, du coup l’audience de la presse indépendante s’est accrue, nous le voyons dans les réseaux…

Avec l’augmentation de la répression contre les journalistes, il s’est produit une convergence d’unité entre de nombreux médias de communication, ce qui a signifié un succès extraordinaire pour la presse indépendante. Alvaro Navarro, directeur de Artículo 66, émet l’idée que les journalistes indépendants ont un défi à relever : gagner la confiance au sein du parti sandiniste, et surtout des institutions qui sont décisives pour savoir ce qui se passe au sein du gouvernement .

« Je suis convaincu que dans le Front Sandiniste il y a de profondes différences… de sérieux problèmes chez le peu qui reste de leurs bases dans les institutions importantes comme l’Armée qui jusqu’à maintenant a gardé un silence complice sur toute cette répression… puis il faudrait voir ce qu’en pensent les ex-chefs… »

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