Réunion du 11 février 2011

Compte-rendu des principaux points abordés:

1. Don pour PROSALUD.
L’association AFC-Amérique Latine de Charente Maritime nous adresse un don de mille Euros destiné à PROSALUD pour contribuer à  l’achat de l’ambulance. Nous transférerons dès la semaine prochaine cette somme à PROSALUD.
2. Centre Preescolar J.Fieux de Ciudad Darío

La rentrée scolaire s’effectue en ce moment et le nombre d’enfants inscrits est passé de 199 à 233.
3. Nouvelles récentes de Estelí – Solidarité et de Jean Loison (Nicaragua)

Esteli Solidarité ( Siège : 105  rue Malakoff  45000 ORLEANS )
L’association représentée par Jean Lhégu lors de notre Assemblée Générale nous adresse depuis Orléans le courrier suivant :

Une réunion de CA d’Esteli Solidarité s’est tenue le 25 janvier et nous avons fait le point après deux mois de fonctionnement.

Suite à notre lettre du 5 décembre dernier envoyée à 275 personnes destinatrices des lettres de  Jean Loison, nous avons reçu  67 adhésions dont 47 comme membres actifs et 20 comme membres sympathisants. Presque tous ces adhérents se sont montrés très généreux en majorant leur cotisation ou, pour les sympathisants, en envoyant une participation financière « gratuite ». Nous avons ainsi reçus 1 385 euros ce qui nous a permis de nous rembourser des frais de correspondance et de création de l’association engagés et de nous laisser un reliquat non négligeable de 730 euros. Un grand merci à tous ces amis.

Nous attendons toujours, avec l’espoir de l’obtenir, l’habilitation par l’administration à délivrer des reçus fiscaux. Nous vous demandons donc de continuer, pour l’instant, à envoyer vos dons pour le Nicaragua au CEFAL (rédiger les chèques au nom de « association CEFAL » en écrivant au dos « pour Jean Loison » et les envoyer au CEFAL – Pôle Amérique latine, SNMUE, 58 avenue de Breteuil, 75007 PARIS).

Nous avons enfin pensé qu’il serait bon de réunir tous ceux d’entre vous qui le souhaiteraient pour parler de l’avenir. Quelques uns d’entre vous en avaient d’ailleurs exprimé le désir. Aussi avons-nous décidé de tenir une assemblée générale le 18 juin à Orléans. Tous les renseignements nécessaires vous seront adressés en temps utile

L’action au Nicaragua

Au cours de l’année dernière, une soixantaine d’entre vous ont également envoyé des dons au CEFAL ou directement à Jean Loison pour que son œuvre au Nicaragua se poursuive. Ceux-ci s’élèvent à 35 400 euros. Deux dons exceptionnels s’y sont ajoutés dont le montant cumulé se monte à 17 700 euros et  surtout la remarquable contribution des étudiants de l’association Intervenir de l’Institut national des Télécommunications d’Evry (91) qui, depuis une douzaine d’années,  vont au Nicaragua pour construire gratuitement des maisons avec l’argent qu’ils ont gagné en travaillant le week-end. En 2010, ils ont ainsi collecté 11 000 euros. Un très grand merci aussi à tous ces fidèles amis et aux étudiants.

Grâce à ces dons et au travail de l’équipe d’amis nicaraguayens de notre association partenaire d’Esteli « San Juan Bautista », les actions en faveur des plus démunis se sont poursuivies en 2010 et nous venons de recevoir le bilan de ce qui a été réalisé.
•    Il a ainsi été construit 16 maisons, ce qui a permis à autant de familles de vivre enfin dans des conditions dignes. Le coût total de cette opération s’élève à
•    31 700 euros

•    Le dispensaire a reçu comme chaque année environ 4 200 personnes par an. Son fonctionnement (salaires des 2 médecins, de l’infirmière et d’une personne de service, achat de médicaments, entretien et nettoyage, …) a coûté 21000 euros. Cette année, les locaux ont été agrandis grâce à l’un des dons exceptionnels. Ces travaux ont coûté 9 600 euros.
•    Il a enfin été versé des bourses à 18 élèves infirmiers ou infirmières dont le montant total s’élève à 3 500 euros.

Au total, les dépenses se sont donc élevées à 65 800 euros. Une part non négligeable de ces  dépenses  a été couverte par le paiement des médicaments par les patients du dispensaire et par une modeste contribution financière demandée aux  familles pour que la construction de leur maison puisse démarrer. Une action de responsabilisation est en effet effectuée depuis plusieurs années par les responsables de l’association San Juan Bautista auprès de tous les bénéficiaires de ces actions afin qu’ils soient vraiment partie prenante et qu’ils se sentent respectés. Ces participations se sont  élevées à 16 600 euros.

Le bilan financier de cette année se traduit donc par un reliquat de 14 900 euros qui va être utilisé pour l’achat d’appareils médicaux qui permettront au dispensaire d’être plus performant. Il serait donc souhaitable, pour l’avenir, de réunir de l’ordre de 50 000 euros (~ 35 400 + 17 700) si l’on désire que les actions actuellement menées puissent encore se développer.

Je me permets enfin pour conclure d’inviter tous ceux qui souhaitent soutenir l’association et  qui ne se sont pas encore manifestés de le faire rapidement en envoyant un chèque (la cotisation est fixée à 10 euros) libellé au nom de « Esteli Solidarité » au siège de l’association, 105 rue Malakoff, 45000 Orléans). A ce sujet, quelques uns d’entre vous aussi ont eu un peu peur d’adhérer en qualité de membre actif. Le mot actif prête à confusion. Qu’ils se rassurent. Nous souhaitons seulement qu’ils parlent autour d’eux  de ce que nous faisons au Nicaragua et du soutien financier que cela nécessite. Et nous avons distingué des membres sympathisants pour n’obliger personne. Nous reparlerons de cela lors de notre assemblée générale.
A très bientôt et bien amicalement.
Jean Lhégu

Je cède la plume à Jean Loison qui va lui-même vous donner de ses nouvelles.

Bonjour les amis,

Comme vous le savez, du Nicaragua j’ai été expédié en urgence en France pour y être opéré d’un double pontage. C’était le 2 septembre. Mais au bout de quelques semaines, une arythmie s’est présentée et a nécessité la pose d’un pacemaker, ces jours-ci. C’est, je l’espère bien, la dernière intervention qui restait à faire. Je pense donc repartir maintenant au Nicaragua assez rapidement.

Ce que je compte y faire :
Les responsables de l’association San Juan Bautista  (pour les maisons ou le dispensaire) font très bien « marcher la machine » pendant mes longues absences. En un sens, ils n’ont pas besoin de moi ! Cependant voilà comment je pense me situer :

–    Dispensaire : rappeler la priorité aux  plus pauvres. Ainsi, dans la demi-heure avant la fermeture du dispensaire et autour d’un cafécito, on « refait souvent le monde », celui du dispensaire. On commente alors les nombreux km parcourus à pied par tel ouvrier agricole, le manque de ressources de tel autre, les confidences reçues de telle ou telle personne qui se sent à l’aise pour « vider son sac », etc. C’est à moi à rappeler l’objectif du dispensaire : au service des plus pauvres et non au service de bilans positifs. Donc ne pas hésiter à faire cadeau d’un médicament, même si celui-ci est déjà à un prix bien réduit. A moi aussi de proposer des sorties à l’extérieur un samedi ou un dimanche pour aller trouver nos « clients » et leurs voisins lors d’une épidémie de « gastro » par exemple.

–    Bourses aux élèves infirmières. En mai dernier j’ai pris ma retraite d’infirmier enseignant, car je ne voulais pas que mon congé  maladie empêche le recrutement d’une personne. Mais je resterai en contact avec mes ex-collègues profs pour échanger avec elles/eux sur les nécessités de bourse pour tels ou tels élèves et assurer un contrôle du rendement scolaire.

–    Construction de maisons. Temps à passer avec Ricardo, mon bras droit, pour visiter les familles qui nous ont été signalées ou qui nous « assaillent » pour être sélectionnées. Longues conversations avec ces familles pour leur expliquer la nécessité absolue de contribuer financièrement à la construction de la maison et à fournir un membre de la famille ou un voisin pour aider le maçon. Dans nos  conversations nous sommes très fermes (et toujours notre manière de faire nous a donné raison) : une fois que la participation financière a été fixée (je vous rassure, nous sommes très humains), nous ne faiblissons pas. Je cite souvent en exemple cette famille, qui avait pourtant les pieds dans la boue pendant des mois à l’intérieur de son  taudis, n’a vu s’élever sa « maison digne » qu’au bout d’un an, c’est-à-dire après qu’elle eut payé toutes les parts. Question de dignité et de respect.

Dans ce chapitre des maisons, il faudrait ajouter ma préoccupation de « presser » la mairie pour qu’elle soit plus partie prenante, mais je dois être prudent pour ne pas être récupéré.

Ce qui me plait le plus, c’est (deux jours par semaine) l’écoute psychologique de personnes en difficulté : écouter à n’importe quelle étape d’un divorce ou tel ado non aimé par ses parents…, ou bien « libérer les opprimés », les opprimés par une  certaine conception de la religion (nous sommes en Amérique Latine !).

En tant que prêtre, j’ai aussi pris en charge une paroisse délaissée, très pauvre à 20 km d’Esteli. Beaucoup de jeunes m’ont rejoint pour présenter une foi vivante à une population déchristianisée et en proie aux sectes.
Un grand merci pour votre amitié solidaire. Un ex ministre nica disait : « la solidarité, c’est la tendresse des peuples ». J’ajoute : et la tendresse n’est-elle pas nécessaire à la vie tant d’un bord comme de l’autre de l’océan ?

Jean Loison

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