Le Brésil de Lula et le problème de la terre. (09/2010)

(Source : www.rebelion.org  –  www.alainet.org )

Depuis l’arrivée de Lula à la présidence du Brésil en 2002, cet immense pays est sorti d’une longue léthargie. Alors que de nombreux pays enregistrent des taux de chômage importants, Lula a pu annoncer que le premier semestre 2010 a vu  la création de 1 400 000 emplois formels et ils seront deux millions et demi à la fin de 2010. Le taux de chômage est de 7,5 %.
Les secteurs de la construction et des services ont prospéré, l’ensemble des industries de 11,6% et le secteur agro-pastoral de 5,4%. Le Brésil économique se classe au 8e rang mondial. Le PIB a été très supérieur à celui des principales économies du monde et se classe seulement en-dessous de la Chine qui arrive à 11,9 %. Dès le début de la crise, le Brésil avait mis en marche une série de mesures comme l’exonération d’impôts, l’incitation à la production pour certains secteurs, la création de nouveaux programmes.

Depuis 2003, le salaire minimum a augmenté de 53 %. Selon The Economist, durant les 30 dernières années, le Brésil est passé du stade de pays importateur à celui de grand fournisseur de denrées alimentaires. Il est leader mondial dans l’exportation de sucre et de café, au second rang pour l’exportation de soja et maïs, et premier exportateur d’éthanol (obtenu à partir de la canne à sucre). En dix ans, ses exportations de viande ont été multipliées par dix, dépassant même l’Australie

Mais le plus significatif dans ces 8 années de gouvernement  a été l’aide apportée aux secteurs les plus défavorisés pour qu’ils s’incorporent aux travaux productifs  et aux services. De 2004 à 2008, la pauvreté est passée de 36,2 % à 23,9 %, l’indigence de 12 % à 4,8 %.  Par des efforts modérés mais soutenus, une très importante politique d’inclusion sociale a porté ses fruits ( Programme Faim Zéro, Bourse familiale…). Certes la pauvreté et la faim n’ont pas encore été éradiquées mais la voie choisie semble efficace pour atteindre l’objectif de Développement du Millénaire : réduire de moitié la pauvreté extrême d’ici 2015.
Le Brésil n’a pas adopté le modèle néolibéral, mais cherché un modèle propre dans lequel les richesses profitent d’abord aux Brésiliens.  Lula a réalisé des alliances avec tous les pays du Mercosur mais aussi avec la Chine, la Russie, le Monde asiatique et l’Afrique. Les pays voisins apprécient sa détermination à favoriser la coopération et le commerce régional  et espèrent que le prochain gouvernement brésilien qui sortira des urnes en octobre mènera une politique similaire à celle de Lula.

Mais que pensent les travailleurs sans terre, le MST qui a voté pour Lula et se désole de ne pas être entendu ? Que devient le projet de réforme agraire ? Le point de départ d’une possible réforme agraire est l’inscription dans la constitution de la limitation d’extension des grandes propriétés. Et les mouvements sociaux brésiliens l’ont compris. Le 1er septembre avait lieu  le lancement d’une pétition nationale décidée lors du récent congrès de la Commission Pastorale de la Terre : car les grandes propriétés privées sont l’une des principales causes des inégalités au Brésil et de la migration continue vers les centres urbains. Les études indépendantes ont prouvé  que, contrairement aux petites et moyennes propriétés agricoles, la grande propriété crée moins d’emplois, produit moins et nécessite des pesticides polluants en  grande quantité.

L’objectif est de changer l’article 185 de la Constitution : faire modifier cet article  qui précise la responsabilité sur la propriété privée. L’existence de terres improductives  doit permettre la redistribution de celles-ci. Le thème de la réforme agraire doit être discuté d’ici les présidentielles du 3 octobre. Dans ce but, début septembre avait lieu un “ Plébiscite Populaire pour limiter la propriété de la Terre ”, résultat de dix années de débats et de luttes.1 % des propriétaires terriens contrôlent 50 % des terres disponibles et quand les paysans luttent pour acquérir une parcelle, ils sont persécutés. Au Brésil on enregistre au moins 765 conflits par an autour de ce problème . En 1997 le grand “ agronégoce ” (soja – canne à sucre – maïs) représentait déjà 27 millions d’hectares, actuellement il en contrôle 41 millions, sans parler du déplacement de millions de personnes et de la destruction de la biodiversité.
Cette année, le “ Cri des Exclus ” résonnera sur le thème “ La Vie en premier lieu ! ”

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