Brèves – Mai 2016 : Argentine, Costa Rica, Guatemala, Brésil

Argentine – Dans la province de San Juan, à l’ouest du pays, un juge dénonça l’entreprise minière Barrick Gold pour avoir déversé un million de litres de cyanure dans la mine Veladero, polluant ainsi les cours d’eau de la zone. En outre, le Ministère des Mines de la province imposa à l’entreprise une amende de 9,3 millions de dollars. L’organisation écologiste Greenpeace a demandé au gouvernement provincial la fermeture immédiate de Veladero pour cause de dommages sur l’environnement, en particulier dans cette zone protégée par la Loi Nationale sur les Glaciers.

Costa Rica – La Cour Interaméricaine des Droits Humains (Corte-IDH) a ordonné le 1er mars au gouvernement du Costa Rica d’accepter la fécondation in vitro (FIV) , interdite depuis 2000, après que la Salle Constitutionnelle ait déterminé que cette technique porte atteinte à la vie en jetant des embryons fécondés. En 2012, la Corte-IDH décida de laisser sans effet cette interdiction car elle lésait les droits des personnes qui souhaitaient avoir des enfants biologiques par une technique de reproduction assistée, mais cet ordre ne fut pas respecté. La nouvelle sentence oblige l’Etat à faire entrer en vigueur le décret exécutif émis en 2015 par le Président Luis Guillermo Solís, et qui autorise cette technique.

Guatemala – Le leader communautaire Walter Manfredo Méndez, défenseur de la réserve de la Biosphère Maya, le plus grand espace protégé du Guatemala, fut trouvé mort le 16 mars, avec plusieurs traces d’armes à feu. Cette information fut communiquée par l’Association des Communautés Forestières du Petén (ACOFOP). Mendes, qui avait reçu des menaces de mort, faisait aussi partie du Front du Petén contre les Barrages, qui s’oppose aux projets hydroélectriques sur le río Usumacinta. L’ACOFOP signale que l’assassinat de Méndez est le résultat « de la violence systématique dont souffrent les leaders d’Amérique Centrale, quand ils luttent pour défendre la nature, les cultures et les territoires, et qu’on leur propose de grandes entreprises hydroélectriques et des cultures extensives ».

Brésil – Un coup d’Etat médiatico-juridique déguisé en destitution. L’accusation de « maquillage fiscal » est un prétexte. Il s’agit en réalité d’un coup d’Etat comparable à ceux qui écartèrent du pouvoir le président Zelaya au Honduras en 2009 et le président Lugo au Paraguay en 2012. La plupart des députés accusateurs sont ironiquement accusés eux-mêmes de corruption. Le président de la Chambre Eduardo Cunha a reçu plus de 16 millions de dollars par sa corruption dans l’entreprise Petrobras, et il est propriétaire de dépôts importants dans des paradis fiscaux. Ce dont il s’agit en fait dans cette affaire, c’est de discréditer le gouvernement de Dilma, d’éviter que Lula, qui la soutient, soit candidat aux prochaines présidentielles, d’en finir avec les avancées sociales, de donner le feu vert à l’agronégoce, de rompre les alliances avec les gouvernements progressistes de la région et de faire disparaitre le Parti des Travailleurs.


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