Joël Fieux est mort le 28 juillet 1986 au Nicaragua, dans une embuscade tendue par la Contra (Contre révolution). Il avait 28 ans, aîné des quatre enfants de Bernadette et Fernand Fieux , habitant à Orgelet dans le Jura.

Contexte politique au Nicaragua, de 1979 à nos jours.
Après la chute du dictateur, Anastasio Somoza, en 1979, un gouvernement de réconciliation nationale est mis en place. Daniel Ortega, sandiniste, est élu avec 63% des voix en 1984 pour son premier mandat. Les Américains décident de stopper leurs aides financières et déclenchent un
embargo commercial. Des négociations entre les « contras » (les opposants à la révolution) et les sandinistes finissent par aboutir et une nouvelle constitution voit le jour en 1987.Le 25 février 1990, les sandinistes perdent les élections au profit de l’Union nationale de l’opposition (UNO, une coalition de 14 partis) emmenée par Violeta Barrios de Chamorro, la veuve d’un directeur du journal ‘La Prensa’ assassiné par Somoza. En 1996, Arnoldo Aléman (conservateur, ancien somoziste), dirigeant du parti centre-droit Alliance libérale, devient président de la République. En fin de mandat, de forts soupçons de corruption pesaient sur lui et il fut condamné à 20 ans de prison pour détournement de fonds en 2003.En 2001, élection d’Enrique Bolaños, ancien vice-président de Arnoldo Alemán. En 2005, l’augmentation du cout de la vie entraine des manifestations qui dégénèrent violemment. En 2006, l’ancien dirigeant sandiniste Daniel Ortega remporte le scrutin présidentiel dès le premier tour. Daniel Ortega est toujours au pouvoir actuellement.Le gouvernement de Daniel Ortega a favorisé l’enseignement de la majorité des enfants et des jeunes, l’alphabétisation pour les adultes, la culture, la santé… C’est dans ce contexte que Daniel Fieux arrive dans ce pays. Cependant Daniel Ortega s’accroche au pouvoir. Dès 2018, des protestations remuent le pays. Une majorité de Nicaraguayens souhaitent le départ du président qui éliminent ses opposants ; Il n’hésite pas à les exiler, parmi eux des prêtres et des évêques.
Actuellement le pays a retrouvé un calme relatif.
Joël, 1974 – 1986
Dès le collège, Joël était sensible aux inégalités sociales.
De 1974 à 1976, il fait un BEP (brevet d’enseignement professionnel) en micromécanique à Morez.Très tôt Joël commence à militer dans des mouvements de solidarité et développe très vite un esprit révolutionnaire. Compte-tenu de ses convictions, il refuse de faire son service militaire. Se sentant plus utile en
Amérique Latine, il quitte son pays au début de1980 pour se rendre au Mexique, puis au Nicaragua en septembre de la même année.Les nicaraguayens disent de lui : « il sait tout faire ». Il est très utile dans le
domaine de l’imprimerie, la typographie, la mécanique auto, les émetteurs radio…Joël s’est donné à fond pour soutenir la révolution que les Nicaraguayens étaient en train de vivre.

Fin 1983, Joël se marie avec Fatima. En 1985 naît Joël Oswaldo.

En 1986, Bernadette, sa maman, part au Nicaragua avec une équipe de bénévoles de Lutterbach, petite ville d’Alsace. Elle fait connaissance avec la petite famille de Joël. Le 21 juillet, Joël part dans le nord du pays pour effectuer des installations radio, tandis que Bernadette et les bénévoles partent pour Ciudad Dario, une ville jumelle de Lutterbach.Une semaine plus tard, Bernadette vit une journée de cauchemar : Joël tombe dans une embuscade. Il repose au cimetière de Matagalpa.Souvenons-nous également de la mort de trois autres jeunes européens et de plusieurs nicaraguayens : Maurice Demierre, 29 ans, volontaire suisse de Frères sans frontières, mort par l’explosion d’une mine en février 1986, près de
Somotillo. Il était accompagné de cinq Nicaraguayennes, décédées également ; Yvan Leyvraz, 32 ans, originaire de la Suisse romande, travaille en alternance entre Suisse et Nicaragua ; Berndt koberstein, 30 ans, membre du parti communiste allemand, vient au Nicaragua en 1984 pour aider à l’installation de l’imprimerie de la jeunesse sandiniste. Yvan, Berndt et Joël Fieux meurent dans la même embuscade avec deux Nicaraguayens en juillet 1986.
1987 : notre Comité a participé, à Ciudad Dario, à la construction d’une école
maternelle, souhaitée par la population. Cette école fut inaugurée en janvier 1988 et les Nicaraguayens lui donnèrent le nom de « Centro preescolar Joël Fieux ».

40 ans après, notre Comité poursuit toujours son soutien au Nicaragua, notamment dans le domaine de la santé (Prosalud, implanté à Ciudad Dario, Terrabona …).

(Sources : 1 – Nicaragua 1986, l’aventure internationaliste de Maurice, Yvan, Joël et Berndt , travail d’un collectif, CETIM, Genève juillet 1996. 2 – Joël FIEUX, paroles et écrits, Atelier de création libertaire, Lyon 1987)

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