L’année électorale en Amérique Latine en 2025 et en 2026 (art. Arinda)

En février puis en avril, dans un contexte d’augmentation du narcotrafic en Equateur, les deux candidats à la présidentielle promettent de mettre un terme aux violences qui sévissent dans le pays. Daniel NOBOA élu sortant, très marqué à droite, mise sur la militarisation pour combattre l’insécurité. Il est opposé à Quito Luisa GONZALES, présentée comme la dauphine de l’ancien président socialiste Rafael CORREA, avec une approche plus sociale et respectueuse des institutions. C’est Daniel NOBOA qui l’a emporté pour un second mandat.

En Bolivie, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, en août 2025, ont créé la surprise. Au pouvoir depuis près de 20 ans, le mouvement socialiste et son candidat Eduardo Del Castillo n’arrive qu’en 6ᵉ position, récoltant à peine plus de 3 % des suffrages. Au second tour en octobre 2025, ce sont donc deux candidats situés à droite de l’échiquier politique qui restent en lice, prônant des politiques similaires, fondées sur une forte réduction des dépenses publiques et une plus grande ouverture au secteur privé. La Bolivie a finalement élu le 19 octobre son président, issu du centre-droit, Rodrigo Paz.

En Argentine, les élections législatives de mi-mandat ont eu lieu fin octobre 2025,. Dès son élection, il y a 2 ans, le président argentin a mis en place sa politique de la « tronçonneuse », avec des coupes sombres dans les dépenses publiques et ses réformes ultralibérales. Il a déjoué les sondages en gagnant largement ces élections. Sa coalition va tripler sa base parlementaire. Javier MILEI aura désormais les coudées franches au Congrès. Il pourra ainsi faire adopter son programme, réduisant encore le budget de l’éducation et taillant davantage dans les dépenses de santé et les retraites. 

Au Honduras, les élections prévues fin novembre 2025 auront lieu dans un contexte marqué par la présence des gangs, la corruption et une économie fragile. Le pays est en proie de manière persistante à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire et aux inégalités socio-économiques. Il est l’un des plus pauvres d’Amérique Centrale. Xiornara CASTRO, actuelle présidente et première femme à diriger le pays, qualifiée de « communiste » par la droite, devra défendre son bilan face à une opposition qui dénonce un manque d’efficacité dans la lutte contre la pauvreté. 

Au Chili, la gauche au pouvoir depuis 2022 devra défendre son bilan aux prochaines élections présidentielles en novembre et décembre 2025. Gabriel BORIC, président sortant, ne peut être candidat à sa réélection, la constitution chilienne interdisant les mandats successifs. Les scrutins municipaux et régionaux qui se sont tenus en octobre 2024 faisaient office de répétition générale. Sans raz-de-marée ni déroute pour aucune force politique, l’élection pour désigner maires, gouverneurs et conseillers régionaux et municipaux a consacré le recul de la coalition présidentielle, la consolidation de la droite traditionnelle et une avancée en demi-teinte de l’extrême droite. La gauche devra convaincre les électeurs de la pertinence de ses réformes sociales et économiques. C’est derrière une candidate communiste Jeannette JARA que se rangeront les forces de gauche, à cette élection prévue le 16 novembre. Comment voteront les Chiliens ?

Claude VERMOT

Sources : https://www.actulatino.com  et   https://www.jean-jaures.org  

N° 35 – Bulletin périodique du Comité de Solidarité avec les peuples d’Amérique Latine.


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