Les « feminicidios » dans le monde. (Agenda Latinoamericana 2015 Telesurtv)

C’est en Amérique Centrale que l’on trouve le taux le plus élevé de « feminicidios » (assassinats de femmes ou de filles par des hommes, pour des motifs liés au sexe, généralement par des maris, des amants ou des ex, et pratiqués avec acharnement)

Selon le rapport « Femicide : A global Problem », 66 000 femmes et/ou fille(tte)s sont assassinées chaque année dans le monde. Elles représentent 17 % des victimes d’homicides commis majoritairement par des hommes. Sur les 25 pays du monde ayant les taux les plus élevés de feminicidios, 14 sont d’Amérique Latine et surpassent les 6 assassinats pour cent mille femmes.

Le feminicidio est l’expression la plus brutale dans l’escalade de la violence envers la femme. L’ONU révèle qu’en 2012, 47 % de toutes les victimes féminines furent assassinées par leurs époux, leurs conjoints, leurs « novios », leurs compagnons intimes et familiers. La violence contre la femme est toute action ou conduite basée sur le genre féminin, qui cause la mort, les blessures, la souffrance physique, sexuelle ou psychologique. L’escalade du feminicidio dans le monde montre que la violence contre les femmes est sociale et généralisée. Elle est aussi le résultat des relations d’inégalité de genre ainsi que de la permissivité de la société à cette violence.

Les raisons qui causent le feminicidio sont variées mais la plus commune est la jalousie, surtout s’il s’agit d’une infidélité, réelle ou supposée. La seconde cause est la décision de la femme de se séparer de l’homme, ce qui n’est pas accepté par l’agresseur.
L’addiction ou les drogues sont aussi des causes de violence de l’homme envers la femme.

Un autre motif est le machisme, encore fortement enraciné dans la population masculine. Le fait de se croire supérieur aux femmes contribue à la discrimination et aux maltraitances. « L’agresseur est une personne élevée au sein d’une culture machiste, dont l’objectif est de maintenir le contrôle sur la femme jusqu’à obtenir sa subordination ». Il utilise fréquemment des expressions comme « elle l’a bien cherché », « elle m’a désobéi », « il faut que j’utilise la force pour la contrôler », « celui qui commande ici c’est moi », etc.

Le crime organisé figure aussi comme facteur qui occasionne une grande quantité de feminicidios, en particulier dans les pays d’Amérique Centrale où prolifèrent les groupes criminels et du narcotrafic. Selon le rapport de l’équipe d’Analyse des Droits Humains en Amérique Centrale, dans les pays comme le Honduras, le Salvador, le Guatemala, le Nicaragua, le feminicidio a « de profondes racines historiques ».

Et les cas de feminicidios augmentent encore avec la présence des « pandillas » ou « maras ».(bandes de jeunes délinquants). Selon les rapports de l’ONU, le Honduras, le Salvador, le Guatemala et le Nicaragua sont les pays où règne la violence contre la femme. L’Amérique Centrale a un taux de feminicidios 4 fois plus élevé que la moyenne mondiale.

Le rapport, publié en 2012, (Ginebra, smallarmssurvey.org), signale les taux de feminicidios des pays étudiés. Les taux les plus élevés se trouvent en Amérique Latine. Au Salvador, pour cent mille femmes, 12 assassinats. En Jamaïque : 10,9. Au Guatemala : 9,7. En afrique du Sud : 9,6. Au Honduras : 7. Au Brésil : un peu plus de 6. En Colombie et Bolivie : 6. En Equateur et République Dominicaine 3. Ciudad Juárez (Mexique) est la ville avec le taux le plus élevé : 19,1 assassinats pour cent mille femmes.

C’est très souvent dans son foyer que la femme est assassinée, dépecée, égorgée, décapitée, incinérée.… Sur l’ensemble du continent américain, 66 % des assassinats sont perpétrés avec des armes à feu. Ce taux est de 13 % en Europe.

Les feminicidios sont nettement moins nombreux dans les pays du Cône Sud : Chili, Uruguay, Argentine, et se rapprochent des chiffres enregistrés en Europe.
Au niveau mondial, 95 % des assassinats sont le fait des hommes, et ils sont aussi 80 % des victimes.

Des données, mais toujours incomplètes.…

HONDURAS – Taux de féminicidios : 14,6 pour cent mille habitants de sexe féminin, selon les données de l’Université Nationale Autonome du Honduras ( UNAH). Dans la seule année 2013, 636 Honduriennes ont perdu la vie de manière violente. 600 cas sont restés impunis…

EL SALVADOR – Taux de feminicidios : 12 pour cent mille habitants, selon une ONG suisse (Small Arms Survey). AU cours des trois dernières années, 1161 femmes ont été assassinées de manière violente. Un cas a été condamné à 40 ans de prison pour le délit de « feminicidio agravado » : L’enquête précisa que l’accusé, l’époux de la victime, était rentré en état d’ébriété à la maison où il vivait avec sa femme. Il commença une discussion avec sa victime qui dériva en maltraitance physique. Il l’attacha sur une chaise, l’arrosa de carburant et mit le feu…

NICARAGUA – Taux de feminicidios : 12 pour cent mille en 2012. De 2004 à 2014, 710 femmes furent assassinées. 78% des cas de violence contre les femmes ont lieu dans leur foyer. Les lieux du pays où les feminicidios sont les plus fréquents sont la capitale, Managua, le département de Matagalpa et la Région Autonome de l’Atlantique Nord. Les femmes sont assassinées avec une cruauté excessive : strangulations, brûlures, tortures, mutilations. En majorité par leurs conjoints ou ex.

GUATEMALA -Taux de feminicidios : 9,7 femmes assassinées pour cent mille habitants de sexe féminin. En 2013, 755 femmes ont été assassinées, selon le GAM (Groupe d’Appui Mutuel). La Commission Présidentielle pour le Feminicidio indique que 359 femmes ont péri par arme à feu, 41 autres par asphyxie, 28 furent battues à mort, et onze corps ont été trouvés démembrés. 68 cas n’ont pas été élucidés…


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