BRÈVES – Octobre 2017 (Colombie, Chili, Bolivie…)

COLOMBIE
(MEMOLU – Mémoire des Luttes, texte de Maurice Lemoine-10/10/2017)
Il aura fallu plus d’un demi-siècle d’une guerre fratricide pour que, le 1er septembre 2017, l’impensable ait lieu : ce jour-là, c’est bien le numéro un des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), Rodrigo Londoño Echeverri, alias Timoleón Jiménez ou « Timochenko », qui prononce un discours sur la Place Bolivar de Bogotá, haut lieu de la vie politique colombienne, à quelques mètres du palais présidentiel – la Casa de Nariño. Toutefois, ce n’est plus au nom de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie qu’il s’exprime devant mille deux cents ex-combattants et des milliers de personnes souvent émues jusqu’aux larmes, mais en tant que porte-parole de la Force Alternative Révolutionnaire du Commun, le tout nouveau parti politique des désormais ex-insurgés.

CHILI
(MEMOLU, Rosa Gutiérrez, envoyée spéciale – 03/10/2017 )
Au Chili, l’élection présidentielle prévue le 19 novembre 2017 pourrait déboucher sur un nouveau basculement à droite. Après plus de 20 ans de gouvernements de la « Concertation des partis » puis de la « Nouvelle majorité » – alliances de centre-gauche toutes les deux –, avec la parenthèse de 4 ans (2010-2013) du gouvernement de droite de Sebastián Piñera, les contours des forces en compétition se dessinent peu à peu.

BOLIVIE
(Noticias Aliadas, 26/09/2017 – Trad. B. Fieux)
Huit adolescentes ont été arrêtées en août après avoir été dénoncées par du personnel de santé en Bolivie parce qu’elle avaient effectué des avortements, a révélé la Ministre de la Santé, Ariana Campero. L’avortement est illégal en Bolivie sauf en cas de risques pour le santé de la mère ou après avoir subi un viol. La femme qui a avorté risque de deux à trois ans de prison. Mais la Ministre de la Santé exige que les médecins respectent aussi la Loi 348 qui garantit aux femmes une vie sans violences. « Tous les jours des femmes arrivent aux Centres de Santé avec des signes de violences physiques, sexuelles ou psychologiques. Combien, parmi les médecins dénonciateurs de ces jeunes filles maintenant en prison, ont dénoncé aussi les hommes qui ont créé ces violences de genre ? Est-ce que nous allons respecter certaines normes et pas les autres ? ?  » En Bolivie l’avortement représente 13% des cas de morts maternelles, c’est la 3e cause de décès dans ce pays, selon les chiffres officiels…

CHILI
(Noticias Aliadas, 26/09/2017 – Trad. B. Fieux)
Dans un vote considéré comme historique, 411 indigènes rapanui ont approuvé le 3 septembre la création d’une aire marine protégée de 720 000 m2 autour de l’île de Pâques, territoire chilien situé dans la Polynésie à 3700 km des côtes du Chili. La présidente Michelle Bachelet annonça la création de la réserve en octobre 2015, mais subordonna la décision au vote des habitants originaires de l’île où habitent 3000 personnes. C’est la première fois qu’au Chili on réalise une consultation indigène sur la protection d’une zone marine. Selon l’organisation écologiste The Pew Charitable Trusts, le principal problème des rapanui est la pêche illégale. Des bateaux pirates de Chine, du Japon et d’Europe pénètrent dans les eaux de l’île pour capturer des thons, des espadons et des requins. Le dirigeant rapanui Poky Lane Hanoa a salué la création de la réserve en signalant que  » comme peuple nous continuerons à crier : Non à la pêche illégale, non à la pêche industrielle, non à l’industrie minière »!


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