CHILI : L’insécurité dans les mines chiliennes

(www.telesurtv.net) (10/10)

Le récent accident subi par 33 mineurs chiliens met en évidence la situation d’insécurité dans les mines de cuivre. Des  lois et des normes spéciales devraient exister pour ce travail particulièrement dangereux : Durant le premier semestre 2010, 31 personnes ont trouvé la mort dans les gisements du Chili. De 1990 à 2005, on a enregistré 742 morts dans 650 accidents sous terre.

L’activité minière au Chili.
L’exploitation minière débute au 16ème siècle, durant la colonisation espagnole. Actuellement, selon le Ministère des Mines, il existe plus de 150 gisements exploités dans ce pays d’Amérique du Sud. On y recherche surtout le cuivre mais aussi l’or, l’argent, le fer, le plomb, le zinc et le manganèse.
Il est difficile de déterminer exactement le nombre de mines sur le territoire car il existe des gisements informels, des mines de petite et moyenne importance. Le Service National des Mines et de la Géologie du Chili (SERNAGEOMIN) classe l’activité minière  de l’Etat, en particulier celle du cuivre, de la manière suivante :
Mine de petite taille : moins de mille tonne de cuivre par an, jusquà 80 mineurs.
Mine moyenne : de mille à trente mille tonnes de cuivre  par an. De 80 à 400 mineurs
Grande industrie minière : Plus de trente mille tonnes par an. Plus de 400 mineurs.

La sécurité ?
Selon la Fédération Minière du Chili, aujourd’hui plus de dix mille mineurs sont employés dans les gisements du pays. Le président de la Confédération Nationale des Mineurs du Chili, Nestor Jorquera, déclare que les garanties de sécurité ne sont pas suffisantes. Un exemple : La mine de San José. Elle est la propriété de l’entreprise San Esteban, avec la mine de San Antonio. En 2004, un accident provoque la mort d’un mineur. Les travailleurs déposent une plainte. Les controverses causées par une suite d’accidents amènent le gouvernement à prononcer la fermeture  temporaire de la mine de San José. Mais peu de temps après, cette mine reprend de l’activité en garantissant de respecter les normes indiquées par les autorités. Fin 2007, autre accident mortel, nouvelle fermeture “ définitive ”. Fin mai 2008, la mine ouvre à nouveau car des améliorations auraient été réalisées (système électrique, ventilation, consolidations…) Malgré tout, les mineurs ne cessent de dire que les conditions de travail n’ont pas changé et que cette mine présente une situation “ à haut risque ”.
On connait la suite. Le gisement de San José ne dispose pas d’une issue de secours. Il n’a qu’un refuge, d’une capacité de 20 personnes. Les entreprises sont tenues de respecter les normes établies par le décret de sécurité, mais ce que l’entreprise consacre à la sécurité dépend avant tout de la volonté de l’employeur.

Un vent de changement ?
Après l’épisode de San José, le président Sebastien Piñera annonce quelques décisions : effectuer une restructuration des activités minières, créer une “ éthique de la responsabilité ”, une culture du “ travail digne ”. Il crée une Superintendance des Mines et une commission, deux entités comprenant des représentants des entreprises (mais pas des travailleurs !) qui doivent élaborer un rapport  sur l’accident. Pour la directrice de l’Institut de Sécurité du Travail “ les mineurs doivent se préoccuper davantage de leur santé, ne pas s’exposer à des conditions de travail risquées… ”
Nestor Jorquera  estime pour sa part que les mesures annoncées sont dilatoires, et que le gouvernement ferait un pas plus important en ratifiant certaines conventions établies par l’Organisation Internationale du Travail, telles que : “ les ouvriers ont le droit de quitter leur poste de travail s’ils considèrent que les conditions de sécurité ne sont pas remplies ”, ce qui actuellement serait pour eux une cause de licenciement…Il incite les mineurs à s’unir pour avoir la force de défendre leurs droits.…

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