EL SALVADOR : des Salvadoriens recherchent leurs enfants perdus pendant la guerre des années 80.

( Source : Programa de las Americas)

La guerre civile vécue par le Salvador durant la décennie 80 n’a pas seulement laissé des morts et un pays détruit, mais aussi un problème humain qui perdure : de nombreux enfants salvadoriens ont été confiés en adoption à des familles étrangères afin de sauver leur vie. L’association Prebusqueda, créée en 1994, qui se charge de réunir les jeunes disparus pendant le conflit armé, a reçu 934 dénonciations de parents qui recherchent leurs enfants hors des frontières du Salvador.

Depuis des mois, cette association anime une campagne qui consiste à rechercher les liens entre jeunes éloignés de leur famille par la guerre et leurs parents. L’idée est d’inviter les jeunes vivant à l’étranger et/ou au Salvador et qui ont des doutes sur leurs origines ou leur identité à se faire connaitre à l’association. « Je veux savoir qui je suis, d’où je viens et qui sont mes vrais parents… » sont souvent les questions posées à Prebusqueda.

Patrick est l’un de ces jeunes. Il a attendu plus de 30 ans pour retrouver son pays et sa famille d’origine. En septembre dernier il est arrivé de France pour connaître sa mère biologique. Quelques mois plus tôt, il s’était décidé à faire pratiquer un test ADN et à se mettre en contact avec Prebusqueda.

Durant les affrontements armés et les persécutions des paysans, sa mère, María Corina avait dû, pour accoucher, se réfugier dans une grotte près de Suchitoto, au nord de San Salvador. Elle espérait depuis si longtemps revoir cet enfant qu’elle n’avait tenu dans ses bras que six heures avant qu’on le lui enlève sans jamais donner de nouvelles du nouveau-né. Entre ses sanglots de joie elle ne sait que demander pardon à Patrick, qui lui répond « Mais il n’y a rien à pardonner! »

Patrick est l’un des 244 Salvadoriens qui ont pu retrouver leur famille biologique au Salvador, il est l’un des 38 qui ont été retrouvés en Europe. 29 autres résident aux Etats-Unis, et 169 se trouvent au Guatemala, au Honduras ou au Belice.

Mais tous ceux qui ont été localisés ne souhaitent pas quitter leur famille d’adoption pour revenir au Salvador : 93 cas de jeunes ne souhaitent pas connaitre leur famille d’origine, et d’autres personnes localisées qui voudraient retrouver leurs racines au Salvador, n’ont pas les ressources pour le faire. Sur tous les cas rencontrés, 55 jeunes n’ont pas l’espoir de revoir leurs vrais parents car ceux-ci sont morts durant le conflit armé.

Quand Prebusqueda reçoit une demande, elle entreprend un processus d’investigation et quand on a réussi à localiser un jeune, on effectue les tests ADN. Ensuite les parents et les jeunes bénéficient de soins psychologiques et sont préparés à leur rencontre.

Prebusqueda espère lancer bientôt une campagne dirigée spécialement vers les jeunes vivant hors du Salvador et qui s’interrogent sur leur identité ou leurs origines. Bien qu’il existe des plans pour réunir les enfants perdus pendant la guerre, il n’existe pas de registre national qui permette d’avoir des données certaines sur les enfants arrachés à leurs parents.

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