HONDURAS – Militant(e)s indigènes assassiné(e)s

(Giorgio Truccchi, dans REL-UITA, 12 /07  2016 – Trad. B.Fieux)

Le 2 mars dernier, Berta Cáceres était assassinée. Coordinatrice générale du COPINH (Conseil Civique d’Organisations Populaires et Indigènes du Honduras), elle luttait avec les communautés Lencas de la zone contre le projet de barrage hydroélectrique dans le département de La Paz, à l’ouest du Honduras, près de la frontière avec le Salvador.

Le 5 juillet, une autre militante indigène, Lesbia Yaneth Urquía, était elle aussi victime d’une mort brutale. Toutes deux militaient pour la même cause et leur assassinat suscita des réactions nombreuses et indignées parmi les militants défenseurs des Droits Humains et de la planète, notamment de la part de l’ONU et de l’Union Européenne.

La directrice exécutive de l’ONU déclara : « Leurs voix individuelles ont été réduites au silence, mais les causes qu’elles appuyaient sont renforcées par ceux qui continuent à élever la voix pour la justice ».

La représentante de l’Union Européenne exprima son extrême préoccupation pour le climat de violence au Honduras et l’assassinat des deux militantes indigènes : « L’assassinat de Yaneth Urquía s’ajoute à la terrible liste des défenseur(e)s des Droits Humains qui ont été assassiné(e)s récemment au Honduras. Les autorités devraient prendre rapidement des  mesures impartiales et décisives pour arrêter les responsables de ces actes et assurer une protection aux autres victimes potentielles ».

Le Honduras est le pays le plus dangereux  pour les militants des droits humains et notamment des droits à la terre. Entre 2010 et 2014, on compte 101 assassinats de militants écologiques.

En 2015, le document « En terrain périlleux » de Global Witness* signalait que plus de trois personnes par semaine mouraient assassinées pour défendre leur terre, leurs forêts et leurs cours d’eau face aux industries destructrices.

*Global Witness : Cela fait vingt ans que Global Witness mène des campagnes pionnières contre les conflits et la corruption liés aux ressources naturelles ainsi que contre les violations des droits environnementaux et des droits de l’homme qui y sont associées. Du Cambodge au Congo, de la Sierra Leone à l’Angola, nous exposons la brutalité et l’injustice engendrées par la lutte pour l’accès aux richesses naturelles et le contrôle de celles-ci, et cherchons à faire rendre des comptes aux responsables de cette corruption et aux auteurs de ces conflits.
Nos travaux ont ainsi révélé qu’au lieu de bénéficier aux citoyens d’un pays, l’abondance de ressources naturelles (bois, diamants, minerais et pétrole, entre autres) peut encourager la corruption, déstabiliser les gouvernements et causer des guerres. À travers nos enquêtes, nos travaux de plaidoyer et nos campagnes, nous cherchons à identifier des solutions à la « malédiction des ressources » pour permettre aux citoyens de pays dotés de ressources abondantes de profiter d’une manière équitable de la richesse de leur pays. (Source : internet)

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