NICARAGUA – Nouvelles attaques contre les libertés démocratiques

Publié par Alencontre le 15 décembre 2018

Poursuivant sa politique consistant à museler toute expression critique vis-à-vis du gouvernement Ortega-Murillo, une majorité de députés à l’Assemblée nationale du Nicaragua a voté le 12 décembre, le retrait de la personnalité juridique du Centre Nicaraguayen des Droits humains (CENIDH). Le procédé expéditif adopté, qui de surcroît viole les règles administratives en vigueur dans le pays, constitue un pas de plus dans le verrouillage des libertés démocratiques et révèle, s’il en était encore besoin, le glissement accéléré, au cours des 8 derniers mois, vers un état policier.

Cette mesure a également touché l’organisation politique «Hagamos Democracia» (et avant l’ONG «Centro de Información y Servicios de Asesoría en Salud» dirigée par Ana Quirós, citoyenne nicaraguayenne d’origine costaricienne expulsée du pays il y a peu, ainsi que l’Instituto de Estudios Estratégicos y Políticas Públicas – IEEP). Elle s’inscrit dans le prolongement de mesures visant à criminaliser systématiquement les formes d’opposition collectives ou individuelles: tout d’abord, la loi anti-terroriste, adoptée au mois de juillet 2018, qui sanctionne par de lourdes peines de prison le soutien et/ou le financement de toute manifestation (considérée arbitrairement comme une tentative de déstabilisation du régime) ; ensuite l’obligation de demander l’autorisation de manifester, sachant que le gouvernement refuse systématiquement les demandes déposées par la société civile. Le CENIDH était justement à l’origine d’une demande d’autorisation, le 10 décembre, en vue de commémorer, comme dans de nombreux pays, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (adoptée en 1948). Continuer la lecture

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NICARAGUA – Ortega-Murillo suppriment la personnalité juridique du CENIDH

Publié par Alencontre le 13 décembre 2018

Le Centre nicaraguayen des droits de l’homme, CENIDH, rejette l’annulation illégale et arbitraire de sa personnalité juridique décidée aujourd’hui par l’Assemblée nationale à travers un acte pervers que le régime Ortega-Murillo prend contre les organisations civiles à but non lucratif qui soutiennent et défendent les droits humains dans ce pays.

Cette éviction est une extension des représailles et de la persécution que Daniel Ortega et Rosario Murillo commettent contre les organisations de la société civile qui promeuvent et défendent les droits de l’homme, violant le droit à la liberté d’association et à la défense collective des droits humains. Nous sommes indignés comme nous l’étions lorsque nous accompagnions des victimes de violations des droits de l’homme, sans base légale aucune. Continuer la lecture

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NICARAGUA – Des nouvelles d’Esteli Solidarité

Novembre 2018

Chers amis d’Esteli Solidarité,

Il est temps de vous retrouver pour vous donner des nouvelles comme nous- nous y sommes engagés, d’autant plus en cette période où les évènements tragiques dont nous vous avons fait part, ont bouleversé le Nicaragua. Que ceux d’entre vous qui se sont inquiétés et ont manifesté leur solidarité, soient ici remerciés.

Depuis le décès de Jean Loison, nos amis nicaraguayens, ne bénéficiant plus de l’optimisme bienveillant du Padre, ont mis sur pied une organisation nouvelle plus conforme aux exigences qui régissent le fonctionnement d’une association, ce sur quoi ils n’avaient pas forcément une vue très claire ! Ils se sont courageusement mis à l’ouvrage et la situation est désormais stabilisée, ce qui doit faciliter notre partenariat avec San Juan Bautista.

L’été a été très difficile, en premier pour nos amis qui vivaient les événements, pour nous aussi, qui avons dû nous adapter. Compte tenu de la situation politique, il était impossible d’exposer au danger les étudiants qui devaient partir, et les amis qui devaient les accueillir. Continuer la lecture

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NICARAGUA – Extrait d’un article du CADTM (Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes)

Réseau international fondé par Eric Toussaint en 1990.

« …Le gouvernement de Daniel Ortega, en 11 ans, n’a réalisé aucune réforme structurelle alors qu’il dispose d’une majorité confortable à l’assemblée nationale : pas de socialisation des banques, pas de nouvelle réforme agraire alors que la concentration de la terre au profit de grands propriétaires est très importante, pas de réforme urbaine favorable aux couches populaires, pas de réforme des impôts favorable à plus de justice sociale, le régime des zones franches a été étendu (y travaillent plus de 100 000 salariés dans des conditions élevées d’exploitation), poursuite du recours à l’endettement public externe et interne favorable aux créanciers grâce aux intérêts qu’ils perçoivent et au pouvoir de chantage qu’ils détiennent comme prêteurs pour faire appliquer des politiques qui leur sont favorables, poursuite de la répression contre les femmes qui recourent à l’avortement, adoption d’un discours religieux fondamentaliste et obscurantiste… Le Nicaragua reste un pays caractérisé par des salaires très bas. L’agence officielle de promotion du pays auprès des investisseurs, ProNicaragua, se félicite, sur son site, de ce que le salaire minimum soit « le plus compétitif à l’échelle régionale, ce qui fait du Nicaragua un pays idéal pour établir des opérations intensives en main-d’œuvre » . La précarisation du travail a fortement progressé, alors que l’économie informelle représentait 60 % de l’emploi en 2009, le pourcentage a grimpé à 80 % en 2017.

Malgré des conditions économiques particulièrement favorables, il n’y a pas eu de progrès au niveau de la diminution des inégalités sociales et le nombre de multimillionnaires a augmenté. Cela signifie clairement que la croissance des richesses produites pendant 11 ans n’a pas été répartie en faveur des secteurs populaires car le grand capital national et international, avec le concours du gouvernement, se sont appropriés la plus grande partie de ces richesses. De plus l’entourage de Daniel Ortega et notamment les membres de sa famille se sont enrichis. »…

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