Brèves – mai 2017

(Noticias Aliadas, 01/05/2017 – Trad. B. Fieux)

BRESIL – En 2016 la violence au Brésil a atteint son pire niveau depuis 13 ans, selon un rapport présenté le 17 avril par la Commission Pastorale de la Terre (CPT), appartenant  à  l’Eglise Catholique. Avec 61 morts dans 1536 cas de conflits de la terre, « l’année passée a été la période durant laquelle la criminalisation des mouvements paysans a atteint ses niveaux les  plus terrifiants » avec des dizaines de détentions et d’accusations de terrorisme, signale la CPT. La violence continue à la campagne. Le cas le plus récent est survenu le 23 avril dans l’Etat de Minas Gerais, où des inconnus on tiré à balle sur le dirigeant du Mouvement des Travailleurs ruraux sans Terre (MST), Silvino Nuñes Gouveira. Trois jours plus tôt, neuf personnes étaient assassinées dans un conflit pour la terre, dans l’Etat oriental de Mato Grosso. La CPT considère que l’augmentation de la violence est due à l’impunité dans laquelle ces crimes demeurent.

ARGENTINE – Le Ministre de l’Environnement, Sergio Bergman, a ratifié le 19 avril la mesure préventive présentée dans le but de paralyser temporairement les activités de la mine Veladero, dans la province Nord-ouest de San Juan, « pour éviter que les réserves d’eau de l’ouest argentin soient menacées »,  à la suite d’un écoulement de solutions toxiques  survenu  le 28 mars, le troisième en moins de deux ans. Entre le 12 et le 13 septembre 2015 se produisit le déversement de 4 millions de litres de cyanure et autres métaux lourds dans le río Potrerillos, contaminant ainsi quatre autres cours d’eau. Ce déversement fut considéré comme le plus grave accident minier dans l’histoire du pays. Veladero, propriété de l’entreprise canadienne Barrick Gold, est une mine d’or et d’argent à ciel ouvert qui a commencé à produire en 2005, avec une vie utile d’environ 14 ans.

COLOMBIE – Le 3 avril, 21 militaires furent condamnés en Colombie à des peines de prison de 37 à 52 ans, comme responsables de délits de lèse-humanité pour l’assassinat en 2008 de 5 jeunes du municipio de Soacha, au sud de Bogotá, dans ce qui est connu sous le nom de « faux positifs » : selon l’organisation Human Rights Watch,  » des soldats et des officiers, sous la pression de leurs supérieurs pour qu’ils démontrent des résultats positifs en augmentant le nombre de pertes dans la guerre anti-guérillera, emmènent de force leurs victimes en leur faisant de fausses promesses, – comme des offres d’emplois -, pour ensuite les assassiner, les remettre aux chefs avec leurs armes près d’eux, pour faire croire qu’il s’agit d’ennemis morts dans un affrontement. Cette pratique fut habituelle durant le gouvernement d’Alvaro Uribe (2002-2008).

MEXIQUE – ETATS-UNIS – Depuis 1998, plus de 6500 personnes qui tentaient de traverser les Etats-Unis depuis le Mexique, sont mortes à  la frontière, indique le Centre Colibri pour les Droits Humains, dont le siège est à Tucson, Arizona. Selon ce centre, « cette forte mortalité est la conséquence des stratégies de militarisation que le gouvernement états-unien a mis en place dans cette zone. Les chiffres indiquent qu’un tiers de ces morts, soit environ 2400, sont survenues sur la frontière entre Arizona et Mexique. Une exposition sur ce thème fut présentée par un groupe interreligieux de Droits Humains School of Americas Watch (SOA Watch) ; ce groupe compte  plus de 500 militants des Etats Unis qui travaillent sur le problème des Droits Humains des migrants. »Avant 2000, la moyenne de migrants qui mouraient chaque année sur la  frontière de l’Arizona était de 12. Mais de 2000 à 2014 elle a augmenté plus de dix fois, quelquefois il y avait 165 morts dans l’année… »Dans le désert de l’Arizona, on a trouvé plus de 500 restes de corps de migrants… Ils sont répertoriés comme « inconnus », et demeurent, non identifiés, dans les morgues des villes frontalières…

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