NICARAGUA – Mardi 17 juillet

Depuis les premières heures d’aujourd’hui, mardi 17 juillet 2018, les paramilitaires, la police et les forces « antiémeutes » liées au gouvernement Ortega-Murillo ont commencé une attaque contre le quartier indigène de la ville de Masaya : Monimbó. Dans des déclarations publiques, le chef de la police, présent dans le commissariat de Masaya, Ramón Avellán, affirme que son supérieur, Ortega-Murillo, lui a ordonné de prendre le contrôle total de Masaya, de Monimbó et de la région environnante « quel qu’en soit le prix ». En d’autres termes, le pouvoir dictatorial a décidé d’augmenter la répression. Le but est le suivant : Ortega veut pouvoir annoncer le 19 juillet – soit le 39e anniversaire de la révolution sandiniste – le triomphe militaire contre la protestation civique qui a commencé le 18 avril 2018.

Ortega-Murillo ne « dialoguera » pas et ne négociera pas, car le binôme au pouvoir pense avoir gagné. Il a démantelé les barrages (tranques), éliminé de nombreux dirigeants des tranques, la population est terrifiée. Il n’y a pas de pression internationale, à l’exception de certains communiqués de l’OEA, de l’Union européenne, des Etats-Unis et de certains présidents latino-américains. Cela ne le tourmente pas. Cela ne l’intimide pas. Il poursuivra sa stratégie : réprimer, tuer, tyranniser la population. Pour Ortega-Murillo, ce n’est qu’une question de temps avant que la crise sociopolitique soit maîtrisée. Il a opté pour une « sortie de crise » à la Pinochet : ce qui implique des morts, des blessés, des prisonniers politiques, des disparitions et l’effondrement de l’économie nicaraguayenne (plus de pauvreté, plus de chômage, plus de récession). Les forces gouvernementales Ortega-Murillo pourront entrer à Monimbó parce qu’elles disposent de la force militaire, mais elles ne pourront pas gouverner. (Réd. A l’Encontre, sur la base d’informations reçues ce soir, à 21h)

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