MEXIQUE : Le Parlement européen condamne le cas d’Iguala (voir l’article : « MEXIQUE, assassinats et disparitions »)

Strasbourg. Le Parlement européen a adopté aujourd’hui (23 / 10) une résolution dans laquelle il partage avec le gouvernement mexicain la condamnation des évènements survenus à Iguala, (Guerrero) et appelle l’Union Européenne à renforcer sa coopération avec le Mexique dans le secteur des droits humains.
Le Mexique est l’unique pays d’Amérique Latine qui a un accord d’Association Economique, de Concertation Politique et de Coopération avec l’Union Européenne.

La résolution fut approuvée ce matin par la séance plénière de la chambre européenne, réunie en son siège de Strasbourg, – nord-est de la France -, par une large majorité de 495 votes en faveur, 86 contre et 56 abstentions. La Chambre européenne a 751 députés et 637 ont voté.

Dans le document, le Parlement européen se montre solidaire du Mexique dans le cas de la disparition « inacceptable » des étudiants normaliens, fin septembre à Iguala, qu’il « condamne avec force ».

De même que le gouvernement mexicain, il condamne les crimes commis à Iguala et lance un appel pour enquêter sur les actes délictueux survenus et présenter les responsables à la justice sans perspective d’impunité.

Le texte « accueille avec satisfaction la détermination du Président Enrique Peña Nieto de faire des recherches afin d’éclairer ces faits et de mettre fin à la violence liée aux bandes criminelles du Mexique », et apprécie la création de commissions de contrôle de ce cas, au Sénat et au Congrès.

La résolution, en six pages et onze points, exprime son « appui au gouvernement mexicain dans le travail conjoint qui se développe avec des organismes internationaux y compris avec l’Union Européenne. »

Le texte appelle les 28 Etats membres et leurs institutions à promouvoir leur appui au Mexique à travers des programmes pour les droits humains et des ressources techniques et financières.
Sur l’insécurité, il considère que le gouvernement « reconnait les défis qu’affronte le Mexique, qui a démontré son ferme engagement pour améliorer la situation de la sécurité dans le pays, incluant un accroissement significatif des forces de sécurité, avec budget et réformes ».

Il souligne en outre que le Mexique est un « allié stratégique » pour l’Union Européenne dans ses efforts pour renforcer ses institutions et, dans un cadre de dialogue, pour coopérer dans des secteurs comme la sécurité et les droits humains, entre autres thèmes.

Dans l’analyse du cas réalisée aujourd’hui par le Parlement européen, est intervenu comme représentant du gouvernement mexicain l’ambassadeur devant l’Union Européenne : Juan José Gómez Camacho, qui a relaté aux eurodéputés les fais survenus à Iguala.

Gómez Camacho a insisté qu’ils sont contraires aux principes et aux normes les plus fondamentaux du droit et de la cohabitation sociale , et souligné que le Mexique partage les expressions de ceux qui appellent à en finir avec l’impunité et à mettre un terme au crime organisé.

Le diplomate a expliqué qu’en réponse aux évènements survenus à Iguala le 26 septembre dernier, et de manière immédiate, le Président du Mexique ordonne au Cabinet de Sécurité la mobilisation de toutes les instances de sécurité et de procuration de justice.

Ceci dans l’intention de localiser les étudiants, d’assister les familles des victimes, de protéger les citoyens de Iguala, et d’arrêter et juger tous les responsables pour qu’il n’existe pas le moindre indice d’impunité, a-t-il insisté.

« La recherche de ces 43 jeunes gens et l’appui aux victimes sont au centre des actions des autorités mexicaines, qui travaillent de manière proche avec les familles, avec leurs représentants et avec leurs avocats », a souligné Gómez Camacho devant le Parlement européen.

Le diplomate mentionna que déjà on comptait 51 arrestations et précisa que le crime de Iguala, loin de freiner les avancées du Mexique en terme de droits humains, approfondirait et multiplierait la détermination du gouvernement mexicain de les respecter et de les protéger dans tout le pays.

Les parlementaires européens exprimèrent leur détermination à appuyer le gouvernement mexicain dans ce travail en commun qui se déroule avec les organismes internationaux parmi lesquels se trouvent aussi la CELAC et le Comité International de la Croix Rouge.

Les députés eurent aussi connaissance de l’appui financier que le gouvernement mexicain octroie à la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH), pour concrétiser un programme d’assistance technique qui complète les investigations des faits survenus dans l’Etat de Guerrero.

Durant la réunion, à laquelle assistèrent des étudiants mexicains, les parlementaires résolurent aussi d’appuyer le gouvernement du pays latino-américain dans sa détermination à combattre le trafic de drogues et les activités délictueuses qu’il comporte.

 

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