Les femmes ont la parole…

« Je veux exalter les héroïnes du présent, ce sont les femmes qui chaque jour sortent pour affronter la vie ».

(Dorys Romero Hernández, dans Prensa Rural – trad. B. Fieux)

Je voudrais débuter ces modestes paroles pour les femmes de tous les statuts, de toutes les professions, les paysannes, les indigènes, les afro-descendantes, les ex-combattantes avec une phrase : « Le courage le plus grand de l’être humain, c’est de se maintenir debout, même quand il va tomber en morceaux. » C’est ainsi que nous sommes, nous les femmes courageuses, et nous l’avons démontré. »

Aujourd’hui 8 mars, Journée Internationale de la Femme, n’est pas une célébration comme on nous en impose commercialement, aujourd’hui il s’agit d’une commémoration pour les 142 travailleurs qui ont osé, aux Etats-Unis, exiger le droit de travailler dix heures par jour, les chefs d’entreprise ont opté pour la terrible idée de les enfermer dans les caves où ils travaillaient et d’y mettre le feu. Ils sont morts incinérés.

Cette douloureuse histoire, c’est pour que nous ne les oublions pas car ce fait nous a fait prendre conscience que nous devons toujours rester unis dans la lutte pour que se réalisent les changements qui doivent se réaliser, ils ont offert leur vie pour que nous ayons un futur de travail. Les chefs d’entreprise choisissent ce jour pour leur adresser une invitation et leur envoyer des fleurs.

Un salut de reconnaissance aux femmes en lutte et héroïnes du passé dont nous apprécierons toujours le legs : María de los Angeles Cano Márquez, leader syndical, première femme leader politique, a participé aux côtés des ouvriers en grève, persécutée par le système capitaliste; Manuelita Sáenz , une des illustres personnes qui ont lutté pour la liberté de l’Amérique, combattante active dans les batailles de Pichincha, Equateur et Ayacucho (Pérou). Reconnue comme la « Libertadora del Libertador », parce qu’elle le sauva d’un attentat. (…)

Les femmes en lutte ont démontré avec le passage des ans que sans elles, les changements n’auraient pas eu lieu. Nous devons en être fières, sans crainte de nous tromper. Dans cet acte solennel, en ma condition de femme, je veux exalter les héroïnes du présent, ce sont les femmes qui chaque jour sortent pour affronter la vie; femmes admirables qui travaillent du matin au soir à des tâches diverses, pour que leurs enfants aient une meilleure qualité de vie, différente de celles qu’elles ont connues.

Une infinité de femmes vouées au foyer qui sont aussi victimes de la double exploitation, non seulement par le système du capitalisme sauvage, mais aussi par le machisme enraciné de l’état patriarcal qu’en plein 21ème siècle on n’a pas pu éradiquer.

Femmes du monde.

Première femme cosmonaute dans l’espace : Valentina Tereshkova, son objectif était de déterminer si les femmes avaient la même résistance physique et psychologique que les hommes dans cet environnement spécial.

Femmes avec un handicap : Frida Khalo, peintre mexicaine. Et mes chères amies Nidia Atehortùa Herrera, licenciée en Sciences Sociales et Blanca Nury Bermùdez, qui se consacra à la natation, participant à plusieurs manifestations paralympiques au niveau national et avec succès.

Des femmes peintres, sculpteurs, écrivains, avec un pseudonyme masculin. A toutes les époques a régné la croyance que la littérature était un travail masculin par excellence, les femmes n’ayant pas la capacité intellectuelle. Huit femmes écrivains ont ainsi usé de pseudonymes pour pouvoir publier leurs œuvres et éviter les préjugés sexistes des lecteurs.

Femmes Prix Nobel, un nombre moins important que pour les hommes mais elles se sont distinguées dans différents domaines.

En 1992, Rigoberta Menchù Tum, leader indigène Guatémaltèque défenseure des Droits Humains.

En 2014, Malala, jeune pakistanaise qui a lutté pour la scolarisation des filles dans son pays.

Tant d’autres femmes qui ont mené leur lutte.

Les Grands Mères de la Place de Mai, organisation de droits humains d’Argentine, dans le but de localiser et de restituer à leurs familles légitimes tous les enfants séquestrés disparus par la dernière dictature militaire (1976-1983). En Colombie, plus récemment, les familles des « Faux positifs ».

Merci à nos indigènes qui se sont manifestés, aux femmes leaders paysannes, aux femmes politiques qui ont voulu faire quelque chose pour notre pays, il est dommage que nos efforts ne soient pas rendus visibles parce que nous avons des médias manipulés qui ne veulent montrer que la violence pour rechercher le profit, payés par les quatre millionnaires du pays et les élites qui nous gouvernent.

Aida Avella, ayant été conseillère à Bogotá, en plein centre ville, pourchassée au bazuka, et qui pour sauver sa vie dut partir vivre en Suisse où elle passa 17 ans. Merci d’être revenue récemment dans notre pays et de porter le drapeau de l’unité des gauches, aujourd’hui candidate sur la liste de la Décence et contre la corruption.

Merci à Piedad Cordoba, une autre femme qui s’est distinguée comme activiste des droits humains, qui a rendu d’immenses services à la lutte pour la paix, en sauvant beaucoup de vies, et qui a été vilipendée par d’autres, calomniée pour avoir mené à bien cette noble mission, les partis politiques du néolibéralisme ont toujours voulu la considérer comme une guérillera.

Les ex-combattants qui ont souffert des rigueurs de la guerre, et qui sont en attente que le gouvernement respecte le pacte de La Havane, les femmes des droits humains qui s’exposent, les autres femmes qui, bien qu’invisibles, souffrent en silence et avec la peur de protester ou de dire ce qu’elles ressentent; il y a encore des femmes qui sont l’ombre de leurs époux, qui font ce qu’ils veulent qu’elle fassent, qui n’ont pas de critères personnels.

Pourquoi la violence la plus atroce doit-elle être pour la femme ? Avec douleur nous devons constater que des changements ont eu lieu, mais que malheureusement il reste encore beaucoup à faire. Nous commémorons l’émancipation, y parviendrons-nous ?
Nous voulons être vives et fortes pour construire la paix au côté de nos hommes, pour qu’ensemble nous soyons médiateurs de l’espérance ».

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