MEXIQUE – Les travailleuses du foyer, le secteur invisible de la société.

(Desinformemonos, 18/02/2018 – Trad. B. Fieux)

Le Mexique a eu des avancées quant aux institutions mais lorsqu’on se réfère aux droits des femmes, il reste de nombreux défis à combler. L’égalité demeure une aspiration permanente et il existe de grands obstacles, dont la violence sous ses multiples formes.

« Nous avons avancé, mais pas suffisamment, on ne peut pas prétendre que les femmes aient une vie libre de violence. Etre femme est une question de risque, la violence a atteint tous les espaces », affirme Gloria Ramírez, coordinatrice de la chaire UNESCO des Droits Humains de la UNAM. Pour cette spécialiste en Droits Humains, la violence est présente dans tous les domaines de la vie des femmes, et les chiffres alarmants le prouvent : chaque jour 7 femmes sont assassinées, c’est très grave.

Dans ce contexte, trois millions de femmes vivent la violence de manière invisible pour la société. Il s’agit des travailleuses du foyer, femmes qui semblent appartenir au siècle passé, à l’époque coloniale. Elles n’ont pas de prestations, aucun droit, sont invisibles et exposées à de multiples violences : verbales, physiques, journées de travail trop longues et situation précaire.

Selon les chiffres de l’INEGI, 3 millions de personnes se consacrent au travail du foyer, 90% sont des femmes, qui historiquement ont été l’objet d’une discrimination structurelle; elles affrontent des obstacles pour exercer leurs droits, surtout en raison de la nature de leur emploi.

Pour la représentante devant l’ONU de la Fédération mexicaine de Femmes Universitaires et la Fédération Internationale des Femmes Diplômées (IFUW), il est regrettable que le gouvernement mexicain ait évité durant six ans de ratifier l’accord 89 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), qui reconnait le travail au foyer avec les mêmes droits que les autres emplois.

L’Etat a la responsabilité de reconnaitre ces femmes en tant que travailleuses, de leur assurer une protection qui leur permette de travailler dans un lieu, dans le cadre des règlements, pour avoir droit aux prestations sociales et sortir du caractère informel.

Et bien que les travailleuses aient réussi à s’organiser dans l’association civile CASEH (Centre d’Appui et de Formation pour les Employées du Foyer) et constituent un syndicat enregistré au Secrétariat du Travail, il reste beaucoup à faire pour donner une certitude à cette forme de vie d’un secteur important des femmes dans ce pays.

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